{"id":58303,"date":"2023-10-05T15:29:29","date_gmt":"2023-10-05T06:29:29","guid":{"rendered":"https:\/\/monolith.law\/fr\/?p=58303"},"modified":"2024-04-18T11:04:05","modified_gmt":"2024-04-18T02:04:05","slug":"photographing-others-property","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/monolith.law\/fr\/internet\/photographing-others-property","title":{"rendered":"Est-il permis de photographier et de publier les biens d&#8217;autrui sans autorisation ?"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Prendre en photo ou publier le visage ou l&#8217;apparence d&#8217;une personne constitue une atteinte aux droits \u00e0 l&#8217;image.<\/strong> Cependant, est-il permis de photographier et de publier des objets appartenant \u00e0 autrui, plut\u00f4t que l&#8217;apparence d&#8217;une personne ? Ici, par &#8220;objet&#8221;, nous entendons g\u00e9n\u00e9ralement les biens appartenant \u00e0 autrui. En d&#8217;autres termes, est-il libre de photographier les biens d&#8217;autrui et de publier ces photos ?<\/p>\n\n\n\n<p>En r\u00e9alit\u00e9, il faut faire attention car les droits en question varient en fonction de l&#8217;objet concern\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<div id=\"ez-toc-container\" class=\"ez-toc-v2_0_53 counter-hierarchy ez-toc-counter ez-toc-grey ez-toc-container-direction\">\n<div class=\"ez-toc-title-container\">\n<span class=\"ez-toc-title-toggle\"><\/span><\/div>\n<nav><ul class='ez-toc-list ez-toc-list-level-1 ' ><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-1\" href=\"https:\/\/monolith.law\/fr\/internet\/photographing-others-property\/#Cas_des_batiments_et_des_oeuvres_d%E2%80%99art\" title=\"Cas des b\u00e2timents et des \u0153uvres d&#8217;art\">Cas des b\u00e2timents et des \u0153uvres d&#8217;art<\/a><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-2\" href=\"https:\/\/monolith.law\/fr\/internet\/photographing-others-property\/#Cas_des_ballons_publicitaires\" title=\"Cas des ballons publicitaires\">Cas des ballons publicitaires<\/a><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-3\" href=\"https:\/\/monolith.law\/fr\/internet\/photographing-others-property\/#Cas_de_l%E2%80%99apparence_des_animaux\" title=\"Cas de l&#8217;apparence des animaux\">Cas de l&#8217;apparence des animaux<\/a><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-4\" href=\"https:\/\/monolith.law\/fr\/internet\/photographing-others-property\/#Cas_des_livres\" title=\"Cas des livres\">Cas des livres<\/a><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-5\" href=\"https:\/\/monolith.law\/fr\/internet\/photographing-others-property\/#Cas_de_l%E2%80%99erable\" title=\"Cas de l&#8217;\u00e9rable\">Cas de l&#8217;\u00e9rable<\/a><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-6\" href=\"https:\/\/monolith.law\/fr\/internet\/photographing-others-property\/#Resume\" title=\"R\u00e9sum\u00e9\">R\u00e9sum\u00e9<\/a><\/li><\/ul><\/nav><\/div>\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Cas_des_batiments_et_des_oeuvres_d%E2%80%99art\"><\/span>Cas des b\u00e2timents et des \u0153uvres d&#8217;art<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/monolith.law\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/shutterstock_506484994-1024x684.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-6041\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>Selon la loi japonaise sur le droit d&#8217;auteur, dans le cas des b\u00e2timents et des \u0153uvres d&#8217;art, le droit d&#8217;auteur peut poser probl\u00e8me. <\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote\">\n<p>Article 46 de la loi japonaise sur le droit d&#8217;auteur &#8220;Utilisation d&#8217;\u0153uvres d&#8217;art publiques, etc.&#8221;<\/p>\n\n\n\n<p>Les \u0153uvres d&#8217;art dont l&#8217;original est install\u00e9 en permanence \u00e0 un endroit ext\u00e9rieur d\u00e9fini \u00e0 l&#8217;article pr\u00e9c\u00e9dent, paragraphe 2, ou les \u0153uvres architecturales peuvent \u00eatre utilis\u00e9es de quelque mani\u00e8re que ce soit, sauf dans les cas suivants :<\/p>\n\n\n\n<p>1. Reproduction de sculptures et mise \u00e0 disposition du public par transfert de ces reproductions<\/p>\n\n\n\n<p>2. Reproduction d&#8217;\u0153uvres architecturales par construction et mise \u00e0 disposition du public par transfert de ces reproductions<\/p>\n\n\n\n<p>3. Reproduction pour une installation permanente \u00e0 un endroit ext\u00e9rieur d\u00e9fini \u00e0 l&#8217;article pr\u00e9c\u00e9dent, paragraphe 2<\/p>\n\n\n\n<p>4. Reproduction exclusivement \u00e0 des fins de vente de reproductions d&#8217;\u0153uvres d&#8217;art, ou vente de ces reproductions<\/p>\n<\/blockquote>\n\n\n\n<p>Il est stipul\u00e9 que les actions interdites concernant &#8220;les objets install\u00e9s en permanence \u00e0 un endroit ext\u00e9rieur ou les \u0153uvres architecturales&#8221; sont limit\u00e9es \u00e0 la cr\u00e9ation d&#8217;un b\u00e2timent avec le m\u00eame design et \u00e0 la fabrication et la vente au public de reproductions comme des souvenirs. En d&#8217;autres termes, si l&#8217;objectif est autre, l&#8217;utilisation libre est autoris\u00e9e, et il n&#8217;y a aucun probl\u00e8me \u00e0 prendre des photos ou \u00e0 utiliser ces photos dans des publicit\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, <strong>il y a quelques points \u00e0 noter<\/strong>. Par exemple, si la photo a \u00e9t\u00e9 prise \u00e0 l&#8217;int\u00e9rieur de la propri\u00e9t\u00e9 du propri\u00e9taire du b\u00e2timent, le &#8220;droit de gestion des installations&#8221; du propri\u00e9taire du b\u00e2timent peut \u00eatre prioritaire. Il est clair lorsque le droit d&#8217;auteur est en question, mais qu&#8217;en est-il des &#8220;objets&#8221; en g\u00e9n\u00e9ral ? Il est difficile de penser que l&#8217;objet lui-m\u00eame a des droits, par exemple, il est impossible de concevoir un droit \u00e0 l&#8217;image de l&#8217;objet, mais comment devrions-nous le consid\u00e9rer ? Le cas suivant est devenu un probl\u00e8me concernant les ballons publicitaires.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Cas_des_ballons_publicitaires\"><\/span>Cas des ballons publicitaires<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n\n\n\n<p>Une agence de publicit\u00e9, qui est le plaignant, a command\u00e9 un ballon \u00e0 gaz pour l&#8217;utiliser comme support publicitaire et l&#8217;a pr\u00e9sent\u00e9 au public \u00e0 des fins de promotion. Un photographe a pris des photos du ballon et les a apport\u00e9es \u00e0 un agent. Une entreprise de cr\u00e9ation d&#8217;affiches a emprunt\u00e9 cette photo du ballon \u00e0 l&#8217;agent et a cr\u00e9\u00e9 une affiche pr\u00e9sentant le ballon pour une entreprise automobile. L&#8217;agence de publicit\u00e9, qui est le plaignant, a pr\u00e9tendu que la nouveaut\u00e9 et l&#8217;exclusivit\u00e9 du ballon avaient \u00e9t\u00e9 perdues, causant un grand pr\u00e9judice commercial, et a demand\u00e9 \u00e0 l&#8217;entreprise automobile des dommages-int\u00e9r\u00eats pour perte de profits. L&#8217;appel de l&#8217;agence de publicit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9 par la Haute Cour.<\/p>\n\n\n\n<p>En appel, apr\u00e8s la d\u00e9faite du plaignant en premi\u00e8re instance, la Haute Cour de Tokyo a d\u00e9clar\u00e9 :<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote\">\n<p>En g\u00e9n\u00e9ral, le propri\u00e9taire d&#8217;un bien peut en tirer profit par tous les moyens et m\u00e9thodes, \u00e0 moins qu&#8217;il ne d\u00e9passe les limites de son droit de propri\u00e9t\u00e9 ou qu&#8217;il n&#8217;enfreigne les droits et int\u00e9r\u00eats d&#8217;autrui. Les tiers ne doivent pas entraver le profit du propri\u00e9taire en utilisant le bien d&#8217;autrui, directement ou indirectement, sauf s&#8217;ils ont \u00e9t\u00e9 autoris\u00e9s \u00e0 le faire par le propri\u00e9taire.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n<cite>Arr\u00eat de la Haute Cour de Tokyo du 28 septembre 1978<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Elle a affirm\u00e9 que <strong>le propri\u00e9taire d&#8217;une propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e a le droit de prendre des photos et de les publier,<\/strong> mais en m\u00eame temps, elle a d\u00e9clar\u00e9 :<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote\">\n<p>Si un tiers utilise le ballon en question pour la publicit\u00e9 d&#8217;un produit ou d&#8217;une entreprise sp\u00e9cifique avant la r\u00e9alisation de l&#8217;objectif du plaignant, et que cela cr\u00e9e une association \u00e9troite entre le ballon et le produit ou l&#8217;entreprise sp\u00e9cifique, rendant impossible pour le plaignant, en tant que propri\u00e9taire, d&#8217;atteindre son objectif de profit, alors cela constitue une violation des int\u00e9r\u00eats que le plaignant a en tant que propri\u00e9taire du ballon. Si un tiers, qui est en position de pr\u00e9voir l&#8217;occurrence d&#8217;un tel r\u00e9sultat qui entrave l&#8217;objectif du plaignant, agit n\u00e9anmoins de cette mani\u00e8re, il peut \u00eatre tenu responsable des dommages-int\u00e9r\u00eats envers le plaignant. Il ne peut \u00eatre ni\u00e9 que de tels cas peuvent se produire. Dans le cas pr\u00e9sent, l&#8217;utilisation du ballon, y compris la publicit\u00e9 par le biais d&#8217;une affiche utilisant une photo du ballon, doit \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme incluse.<\/p>\n<cite>Idem<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Elle a reconnu que &#8220;si un tiers, qui est en position de pr\u00e9voir l&#8217;occurrence d&#8217;un r\u00e9sultat qui entrave l&#8217;objectif du plaignant, agit n\u00e9anmoins de cette mani\u00e8re, il peut \u00eatre tenu responsable des dommages-int\u00e9r\u00eats envers le plaignant&#8221;. Dans le cas pr\u00e9sent, l&#8217;entreprise automobile, qui est le d\u00e9fendeur, n&#8217;avait pas la possibilit\u00e9 de pr\u00e9voir qu&#8217;elle entraverait ou violerait les droits que le plaignant d\u00e9tient sur le ballon en utilisant la photo du ballon dans l&#8217;affiche. Par cons\u00e9quent, l&#8217;appel de l&#8217;agence de publicit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Cas_de_l%E2%80%99apparence_des_animaux\"><\/span>Cas de l&#8217;apparence des animaux<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/monolith.law\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/shutterstock_638119978-1024x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-6042\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Un conflit a \u00e9clat\u00e9 sur la question de savoir si le coq \u00e0 longue queue doit \u00eatre prot\u00e9g\u00e9 conform\u00e9ment \u00e0 la loi sur le droit d&#8217;auteur.<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>\u00c0 K\u014dchi, un \u00e9leveur qui a \u00e9lev\u00e9 le coq \u00e0 longue queue, un monument naturel national depuis l&#8217;\u00e9poque de son p\u00e8re, a eu un conflit \u00e9motionnel avec un commer\u00e7ant qui a vendu des cartes postales de ses photos. L&#8217;\u00e9leveur a intent\u00e9 une action en dommages-int\u00e9r\u00eats contre le commer\u00e7ant, all\u00e9guant qu&#8217;il avait pris des photos du coq \u00e0 longue queue sous pr\u00e9texte de vouloir prendre des photos pour son plaisir, puis les avait vendues sans autorisation pour r\u00e9aliser un profit.<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, le pr\u00e9sident du tribunal a d\u00e9clar\u00e9 que pour poursuivre le proc\u00e8s, il fallait d&#8217;abord d\u00e9terminer si le coq \u00e0 longue queue \u00e9tait une \u0153uvre d&#8217;art, et a demand\u00e9 \u00e0 l&#8217;\u00e9leveur de demander un expert pour cela. L&#8217;\u00e9leveur a perdu confiance et a retir\u00e9 sa plainte. Ensuite, le commer\u00e7ant a r\u00e9clam\u00e9 des dommages-int\u00e9r\u00eats \u00e0 l&#8217;\u00e9leveur, affirmant que <strong>&#8220;le fait d&#8217;intenter une action en justice sans pouvoir prouver le droit qu&#8217;il revendique est un acte ill\u00e9gal&#8221;<\/strong>. Pour r\u00e9sumer, le tribunal de district de K\u014dchi a rejet\u00e9 la demande du commer\u00e7ant, affirmant que l&#8217;introduction d&#8217;une action en dommages-int\u00e9r\u00eats n&#8217;\u00e9tait pas un acte ill\u00e9gal \u00e0 l&#8217;encontre du commer\u00e7ant.<\/p>\n\n\n\n<p>Le tribunal de district de K\u014dchi a d\u00e9clar\u00e9 que le coq \u00e0 longue queue ne pouvait pas \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme une expression culturelle et cr\u00e9ative digne de protection en vertu de la loi sur le droit d&#8217;auteur, mais a d\u00e9clar\u00e9 :<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote\">\n<p>Cependant, le coq \u00e0 longue queue en question a une beaut\u00e9 unique, comme mentionn\u00e9 pr\u00e9c\u00e9demment, et il y a beaucoup d&#8217;efforts et de difficult\u00e9s inconnues dans sa gestion et son \u00e9levage. En consid\u00e9rant que ce coq a \u00e9t\u00e9 \u00e9lev\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 des ann\u00e9es d&#8217;efforts, il est appropri\u00e9 de dire que le fait de prendre des photos du coq \u00e0 longue queue, de les reproduire en cartes postales, etc., et de les vendre \u00e0 d&#8217;autres rel\u00e8ve des droits du propri\u00e9taire du coq \u00e0 longue queue. Par cons\u00e9quent, le fait de reproduire ces photos en cartes postales sans obtenir le consentement du propri\u00e9taire et de les vendre \u00e0 d&#8217;autres est consid\u00e9r\u00e9 comme une violation des droits du propri\u00e9taire, qui remplit les conditions d&#8217;un acte ill\u00e9gal, et celui qui a viol\u00e9 ces droits a l&#8217;obligation de d\u00e9dommager les dommages.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n<cite>Jugement du tribunal de district de K\u014dchi, 29 octobre 1984<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Et a rejet\u00e9 la demande du commer\u00e7ant.<br>Il y a beaucoup de doutes et de critiques \u00e0 propos de ce jugement. L&#8217;opinion majoritaire est qu&#8217;il n&#8217;y a pas de droit de propri\u00e9t\u00e9 qui permette de refuser d&#8217;\u00eatre photographi\u00e9 pour le coq \u00e0 longue queue. Sur la base du droit de propri\u00e9t\u00e9, il suffit de s&#8217;assurer qu&#8217;il n&#8217;est pas photographi\u00e9. Si le coq \u00e0 longue queue se trouve sur la propri\u00e9t\u00e9 et ne peut \u00eatre photographi\u00e9 que depuis la propri\u00e9t\u00e9, il est possible d&#8217;interdire la photographie et de percevoir des frais de photographie. La plupart des gens pensent qu&#8217;il est possible de prot\u00e9ger &#8220;les photos du coq \u00e0 longue queue&#8221; de cette mani\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Cas_des_livres\"><\/span>Cas des livres<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n\n\n\n<p>Il y a eu un cas o\u00f9 un mus\u00e9e, propri\u00e9taire de la &#8220;Lettre d&#8217;auto-r\u00e9v\u00e9lation de Yan Zhenqing&#8221; \u00e9crite par Yan Zhenqing, un calligraphe de la dynastie Tang, a demand\u00e9 l&#8217;arr\u00eat de la vente et la destruction d&#8217;une publication \u00e0 une maison d&#8217;\u00e9dition qui avait reproduit et vendu cette lettre sans autorisation, en invoquant une violation du droit de propri\u00e9t\u00e9 (droit aux b\u00e9n\u00e9fices d&#8217;utilisation). Le pr\u00e9c\u00e9dent propri\u00e9taire de la Lettre d&#8217;auto-r\u00e9v\u00e9lation de Yan Zhenqing, A, avait autoris\u00e9 B, un photographe de l&#8217;\u00e9poque Showa (1926-1989), \u00e0 reproduire et distribuer l&#8217;\u0153uvre. Par la suite, le mus\u00e9e, actuel propri\u00e9taire, a h\u00e9rit\u00e9 de la Lettre d&#8217;auto-r\u00e9v\u00e9lation de Yan Zhenqing de A. La maison d&#8217;\u00e9dition a re\u00e7u une plaque de verre photographique de l&#8217;h\u00e9ritier de B en 1968 et l&#8217;a utilis\u00e9e pour publier le &#8220;Recueil de tr\u00e9sors d&#8217;encre sino-japonais, volume 24, Calligraphie de Yan Zhenqing et copie de Wang Shu&#8221; le 30 ao\u00fbt 1980.<\/p>\n\n\n\n<p>En r\u00e9ponse \u00e0 cela, le mus\u00e9e a revendiqu\u00e9 son droit de propri\u00e9t\u00e9 sur la Lettre d&#8217;auto-r\u00e9v\u00e9lation de Yan Zhenqing et a demand\u00e9 \u00e0 la maison d&#8217;\u00e9dition d&#8217;arr\u00eater la vente et de d\u00e9truire la publication, arguant que cela violait son droit de propri\u00e9t\u00e9 (droit aux b\u00e9n\u00e9fices d&#8217;utilisation) car cela avait \u00e9t\u00e9 fait sans autorisation. Bien s\u00fbr, dans ce cas, le droit d&#8217;auteur a expir\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>La question a \u00e9t\u00e9 port\u00e9e devant la Cour supr\u00eame, qui a d\u00e9clar\u00e9 :<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote\">\n<p>&#8220;L&#8217;\u0153uvre originale d&#8217;une \u0153uvre d&#8217;art est en soi un objet physique, mais elle incarne \u00e9galement une \u0153uvre d&#8217;art immat\u00e9rielle. Le droit de propri\u00e9t\u00e9 est un droit qui a un objet physique comme objet, donc le droit de propri\u00e9t\u00e9 sur l&#8217;\u0153uvre originale d&#8217;une \u0153uvre d&#8217;art est limit\u00e9 \u00e0 un pouvoir de contr\u00f4le exclusif sur l&#8217;aspect physique de celle-ci, et ne donne pas le pouvoir de contr\u00f4ler directement et exclusivement l&#8217;\u0153uvre d&#8217;art immat\u00e9rielle elle-m\u00eame. Le pouvoir de contr\u00f4le exclusif sur une \u0153uvre d&#8217;art est exclusivement d\u00e9tenu par le titulaire du droit d&#8217;auteur pendant la dur\u00e9e de protection de l&#8217;\u0153uvre.&#8221;<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n<cite>Cour supr\u00eame, 20 janvier 1984<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>En d&#8217;autres termes, le droit de propri\u00e9t\u00e9, qui est un droit de contr\u00f4le sur un objet physique, est un droit civil, et il peut contr\u00f4ler exclusivement l&#8217;aspect physique, mais le droit de contr\u00f4ler l&#8217;aspect immat\u00e9riel est un droit de propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle.<\/p>\n\n\n\n<p>De plus, dans ce jugement, il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9clar\u00e9 que &#8220;apr\u00e8s l&#8217;expiration du droit d&#8217;auteur, le droit de reproduction de l&#8217;\u0153uvre, etc., que le titulaire du droit d&#8217;auteur poss\u00e9dait, ne revient pas au propri\u00e9taire, mais l&#8217;\u0153uvre devient publique (domaine public), et n&#8217;importe qui peut l&#8217;utiliser librement tant qu&#8217;il ne porte pas atteinte aux int\u00e9r\u00eats personnels de l&#8217;auteur&#8221;.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Cas_de_l%E2%80%99erable\"><\/span>Cas de l&#8217;\u00e9rable<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n\n\n\n<p>Il y a le cas de l&#8217;\u00e9rable qui a suivi le jugement de la Cour supr\u00eame mentionn\u00e9 ci-dessus. Le plaignant poss\u00e9dait un terrain dans la pr\u00e9fecture de Nagano, o\u00f9 se trouvait un \u00e9rable de 15 m\u00e8tres de haut, dont la beaut\u00e9 avait \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9e dans les m\u00e9dias et \u00e9tait devenue c\u00e9l\u00e8bre. Le plaignant a install\u00e9 une pancarte indiquant que &#8220;la prise de photos et l&#8217;utilisation d&#8217;images de l&#8217;\u00e9rable, \u00e0 l&#8217;exception de celles pour le plaisir personnel, n\u00e9cessitent l&#8217;autorisation du propri\u00e9taire&#8221;, car il a constat\u00e9 que les racines de l&#8217;\u00e9rable \u00e9taient pi\u00e9tin\u00e9es par de nombreux touristes, ce qui avait un impact n\u00e9gatif sur l&#8217;arbre.<\/p>\n\n\n\n<p>D&#8217;un autre c\u00f4t\u00e9, un photographe qui avait pris des photos de l&#8217;\u00e9rable avant l&#8217;installation de cette pancarte a publi\u00e9 un livre contenant des photos de l&#8217;\u00e9rable par l&#8217;interm\u00e9diaire d&#8217;une maison d&#8217;\u00e9dition. Le plaignant a donc intent\u00e9 une action en justice pour demander l&#8217;interdiction de la publication du livre et des dommages-int\u00e9r\u00eats, all\u00e9guant une violation de ses droits de propri\u00e9t\u00e9 sur l&#8217;\u00e9rable. Dans cette affaire, la demande d&#8217;injonction a \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9e et l&#8217;existence d&#8217;un acte illicite n&#8217;a pas \u00e9t\u00e9 reconnue.<\/p>\n\n\n\n<p>Le tribunal a d\u00e9clar\u00e9 :<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote\">\n<p>&#8220;Le droit de propri\u00e9t\u00e9 est un droit qui a un bien corporel comme objet, donc le contenu du droit de propri\u00e9t\u00e9 sur l&#8217;\u00e9rable en question se limite au pouvoir d&#8217;exercer un contr\u00f4le exclusif sur l&#8217;\u00e9rable en tant que bien corporel, et n&#8217;inclut pas le pouvoir exclusif de reproduire des photos prises de l&#8217;\u00e9rable ou de publier des livres contenant des reproductions de ces photos. M\u00eame si un tiers reproduit des photos prises de l&#8217;\u00e9rable ou publie et vend des livres contenant des reproductions de ces photos, on ne peut pas dire qu&#8217;il a viol\u00e9 le pouvoir d&#8217;exercer un contr\u00f4le exclusif sur l&#8217;\u00e9rable en tant que bien corporel. Par cons\u00e9quent, on ne peut pas dire que les droits de propri\u00e9t\u00e9 du plaignant sur l&#8217;\u00e9rable ont \u00e9t\u00e9 viol\u00e9s par la publication et la vente du livre en question.&#8221;<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n<cite>Tribunal de district de Tokyo, jugement du 3 juillet 2002<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>La demande d&#8217;injonction a \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9e et l&#8217;existence d&#8217;un acte illicite n&#8217;a pas \u00e9t\u00e9 reconnue. On peut dire que cela suit le pr\u00e9c\u00e9dent de la Cour supr\u00eame mentionn\u00e9 ci-dessus.<\/p>\n\n\n\n<p>En outre, le jugement a finalement indiqu\u00e9 :<\/p>\n\n\n\n<blockquote class=\"wp-block-quote\">\n<p>&#8220;Si le plaignant est pr\u00e9occup\u00e9 par la d\u00e9gradation de l&#8217;environnement de croissance de l&#8217;\u00e9rable situ\u00e9 sur son terrain et souhaite emp\u00eacher les actions de tiers qui pourraient avoir un impact n\u00e9gatif sur la croissance de l&#8217;\u00e9rable, il peut atteindre cet objectif gr\u00e2ce \u00e0 l&#8217;exercice de son droit de propri\u00e9t\u00e9 sur le terrain. Comme mentionn\u00e9 pr\u00e9c\u00e9demment, le plaignant a d\u00e9j\u00e0 annonc\u00e9 qu&#8217;il ne faut pas commettre d&#8217;actes qui pourraient avoir un impact n\u00e9gatif sur la croissance de l&#8217;\u00e9rable lors de l&#8217;entr\u00e9e sur le terrain, et qu&#8217;il ne faut pas prendre de photos de l&#8217;\u00e9rable \u00e0 des fins commerciales sans autorisation. Par cons\u00e9quent, si un tiers entre sur le terrain en violation de ces directives, le plaignant peut exclure cet acte d&#8217;entr\u00e9e, et un acte illicite peut \u00e9galement \u00eatre \u00e9tabli \u00e0 l&#8217;\u00e9gard de ce tiers. De plus, en installant une cl\u00f4ture qui ne g\u00e2che pas la beaut\u00e9 du paysage sur le terrain, il est possible d&#8217;atteindre plus s\u00fbrement l&#8217;objectif mentionn\u00e9 ci-dessus.&#8221;<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n<cite><br>Idem<\/cite><\/blockquote>\n\n\n\n<p>Il a \u00e9t\u00e9 soulign\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Resume\"><\/span>R\u00e9sum\u00e9<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n\n\n\n<p>Il est difficile de r\u00e9glementer la prise de photos d&#8217;objets appartenant \u00e0 autrui et leur publication sur la base du droit de propri\u00e9t\u00e9. Cependant, cela ne signifie pas qu&#8217;il n&#8217;y a aucune possibilit\u00e9 de commettre un acte ill\u00e9gal en fonction de la mani\u00e8re dont l&#8217;acte est accompli. Par exemple, <strong>si vous entrez sans permission et prenez des photos dans un b\u00e2timent que le propri\u00e9taire g\u00e8re lui-m\u00eame, vous pourriez \u00eatre tenu responsable d&#8217;un acte ill\u00e9gal.<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Prendre en photo ou publier le visage ou l&#8217;apparence d&#8217;une personne constitue une atteinte aux droits \u00e0 l&#8217;image. 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