{"id":72871,"date":"2025-07-31T20:15:46","date_gmt":"2025-07-31T11:15:46","guid":{"rendered":"https:\/\/monolith.law\/fr\/?p=72871"},"modified":"2025-09-24T23:40:33","modified_gmt":"2025-09-24T14:40:33","slug":"board-resolution-disposition-japan","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/monolith.law\/fr\/general-corporate\/board-resolution-disposition-japan","title":{"rendered":"R\u00e9solutions du conseil d&#8217;administration dans le droit des soci\u00e9t\u00e9s japonais : disposition d&#8217;actifs importants et endettement cons\u00e9quent"},"content":{"rendered":"\n<p>Au sein des soci\u00e9t\u00e9s par actions japonaises, le repr\u00e9sentant directeur dispose d&#8217;un large \u00e9ventail de pouvoirs et ex\u00e9cute les op\u00e9rations de l&#8217;entreprise. Cependant, il n&#8217;est pas appropri\u00e9 de laisser la d\u00e9cision de certaines actions susceptibles d&#8217;avoir un impact significatif sur la base de gestion et la situation financi\u00e8re de l&#8217;entreprise \u00e0 la seule discr\u00e9tion du repr\u00e9sentant directeur. Par cons\u00e9quent, la loi sur les soci\u00e9t\u00e9s au Japon (\u4f1a\u793e\u6cd5) exige que les d\u00e9cisions concernant ces actions soient prises apr\u00e8s d\u00e9lib\u00e9ration et r\u00e9solution par le conseil d&#8217;administration, compos\u00e9 de tous les directeurs, afin d&#8217;assurer une prise de d\u00e9cision prudente et de prot\u00e9ger les int\u00e9r\u00eats de l&#8217;entreprise. Ce m\u00e9canisme est fondamental pour une gouvernance d&#8217;entreprise saine. En pratique, les questions qui se posent fr\u00e9quemment concernent la \u00ab disposition et l&#8217;acquisition d&#8217;actifs importants \u00bb et les \u00ab emprunts substantiels \u00bb. Ces termes ne sont pas d\u00e9finis par des montants sp\u00e9cifiques dans la loi, donc leur interpr\u00e9tation a \u00e9t\u00e9 laiss\u00e9e \u00e0 la discr\u00e9tion des tribunaux. Cet article commence par expliquer en d\u00e9tail ce que signifient ces r\u00e9solutions importantes, en se basant sur la jurisprudence japonaise. Ensuite, nous examinerons en profondeur les cons\u00e9quences juridiques de ces actions si elles sont men\u00e9es sans la r\u00e9solution du conseil d&#8217;administration, tant du point de vue de leur validit\u00e9 l\u00e9gale (effet externe) que de la responsabilit\u00e9 des directeurs impliqu\u00e9s (responsabilit\u00e9 interne). \u00c0 travers cette analyse, nous offrons une compr\u00e9hension globale de l&#8217;importance du processus de prise de d\u00e9cision du conseil d&#8217;administration et des risques juridiques associ\u00e9s, essentiels pour mener des affaires au Japon.<\/p>\n\n\n\n<div id=\"ez-toc-container\" class=\"ez-toc-v2_0_53 counter-hierarchy ez-toc-counter ez-toc-grey ez-toc-container-direction\">\n<div class=\"ez-toc-title-container\">\n<span class=\"ez-toc-title-toggle\"><\/span><\/div>\n<nav><ul class='ez-toc-list ez-toc-list-level-1 ' ><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-1\" href=\"https:\/\/monolith.law\/fr\/general-corporate\/board-resolution-disposition-japan\/#Les_decisions_du_conseil_d%E2%80%99administration_sur_les_questions_importantes_requises_legalement_au_Japon\" title=\"Les d\u00e9cisions du conseil d&#8217;administration sur les questions importantes requises l\u00e9galement au Japon\">Les d\u00e9cisions du conseil d&#8217;administration sur les questions importantes requises l\u00e9galement au Japon<\/a><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-2\" href=\"https:\/\/monolith.law\/fr\/general-corporate\/board-resolution-disposition-japan\/#Criteres_de_jugement_pour_la_%C2%AB_disposition_et_l%E2%80%99acquisition_de_biens_importants_%C2%BB_sous_le_droit_des_societes_japonais\" title=\"Crit\u00e8res de jugement pour la \u00ab disposition et l&#8217;acquisition de biens importants \u00bb sous le droit des soci\u00e9t\u00e9s japonais\">Crit\u00e8res de jugement pour la \u00ab disposition et l&#8217;acquisition de biens importants \u00bb sous le droit des soci\u00e9t\u00e9s japonais<\/a><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-3\" href=\"https:\/\/monolith.law\/fr\/general-corporate\/board-resolution-disposition-japan\/#Criteres_de_jugement_pour_les_%C2%AB_dettes_importantes_%C2%BB_sous_le_droit_des_societes_japonais\" title=\"Crit\u00e8res de jugement pour les \u00ab dettes importantes \u00bb sous le droit des soci\u00e9t\u00e9s japonais\">Crit\u00e8res de jugement pour les \u00ab dettes importantes \u00bb sous le droit des soci\u00e9t\u00e9s japonais<\/a><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-4\" href=\"https:\/\/monolith.law\/fr\/general-corporate\/board-resolution-disposition-japan\/#Comparaison_des_criteres_de_jugement\" title=\"Comparaison des crit\u00e8res de jugement\">Comparaison des crit\u00e8res de jugement<\/a><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-5\" href=\"https:\/\/monolith.law\/fr\/general-corporate\/board-resolution-disposition-japan\/#L%E2%80%99efficacite_des_transactions_sans_resolution_du_conseil_d%E2%80%99administration_Impact_externe_sous_le_droit_japonais\" title=\"L&#8217;efficacit\u00e9 des transactions sans r\u00e9solution du conseil d&#8217;administration (Impact externe) sous le droit japonais\">L&#8217;efficacit\u00e9 des transactions sans r\u00e9solution du conseil d&#8217;administration (Impact externe) sous le droit japonais<\/a><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-6\" href=\"https:\/\/monolith.law\/fr\/general-corporate\/board-resolution-disposition-japan\/#La_responsabilite_des_directeurs_Impact_interne_sous_le_droit_japonais\" title=\"La responsabilit\u00e9 des directeurs (Impact interne) sous le droit japonais\">La responsabilit\u00e9 des directeurs (Impact interne) sous le droit japonais<\/a><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-7\" href=\"https:\/\/monolith.law\/fr\/general-corporate\/board-resolution-disposition-japan\/#Resume\" title=\"R\u00e9sum\u00e9\">R\u00e9sum\u00e9<\/a><\/li><\/ul><\/nav><\/div>\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Les_decisions_du_conseil_d%E2%80%99administration_sur_les_questions_importantes_requises_legalement_au_Japon\"><\/span>Les d\u00e9cisions du conseil d&#8217;administration sur les questions importantes requises l\u00e9galement au Japon<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n\n\n\n<p>La loi japonaise sur les soci\u00e9t\u00e9s impose aux entreprises dot\u00e9es d&#8217;un conseil d&#8217;administration de r\u00e9server \u00e0 ce dernier le pouvoir de d\u00e9cider de certaines questions importantes. L&#8217;article 362, paragraphe 4, de la loi japonaise sur les soci\u00e9t\u00e9s interdit explicitement de d\u00e9l\u00e9guer la d\u00e9cision sur des \u00ab ex\u00e9cutions d&#8217;op\u00e9rations importantes \u00bb qui touchent au c\u0153ur de la gestion de l&#8217;entreprise \u00e0 des directeurs individuels <sup><\/sup>. L&#8217;objectif de cette disposition est d&#8217;\u00e9viter les jugements de gestion arbitraires par des individus sp\u00e9cifiques, tels que le directeur repr\u00e9sentatif, et de pr\u00e9server les actifs de l&#8217;entreprise et d&#8217;assurer la sant\u00e9 de sa gestion par le biais de d\u00e9lib\u00e9rations prudentes au sein d&#8217;un organe coll\u00e9gial compos\u00e9 de tous les directeurs <sup><\/sup>. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Les questions que l&#8217;article mentionn\u00e9 ci-dessus \u00e9num\u00e8re et qui ne peuvent pas \u00eatre d\u00e9l\u00e9gu\u00e9es aux directeurs incluent les suivantes <sup><\/sup>. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<ul>\n<li>Disposition et acquisition d&#8217;actifs importants<\/li>\n\n\n\n<li>Emprunt de sommes importantes<\/li>\n\n\n\n<li>Nomination et r\u00e9vocation des g\u00e9rants et autres employ\u00e9s cl\u00e9s<\/li>\n\n\n\n<li>\u00c9tablissement, modification et abolition de succursales ou d&#8217;autres structures organisationnelles importantes<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Ces questions ont un impact direct sur les actifs de l&#8217;entreprise, sa tr\u00e9sorerie, son personnel et sa structure organisationnelle, rendant ainsi indispensable une d\u00e9cision collective au sein du conseil d&#8217;administration. Cet article se concentre en particulier sur deux de ces questions qui jouent un r\u00f4le central dans les activit\u00e9s financi\u00e8res et les strat\u00e9gies d&#8217;actifs des entreprises : la \u00ab disposition et acquisition d&#8217;actifs importants \u00bb et l&#8217;\u00ab emprunt de sommes importantes \u00bb, en expliquant leurs crit\u00e8res de jugement sp\u00e9cifiques et leur signification juridique.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Criteres_de_jugement_pour_la_%C2%AB_disposition_et_l%E2%80%99acquisition_de_biens_importants_%C2%BB_sous_le_droit_des_societes_japonais\"><\/span>Crit\u00e8res de jugement pour la \u00ab disposition et l&#8217;acquisition de biens importants \u00bb sous le droit des soci\u00e9t\u00e9s japonais<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n\n\n\n<p>L&#8217;article 362, paragraphe 4, point 1 de la loi japonaise sur les soci\u00e9t\u00e9s ne contient pas de crit\u00e8re mon\u00e9taire sp\u00e9cifique pour la notion de \u00ab disposition et acquisition de biens importants \u00bb. Par cons\u00e9quent, il est n\u00e9cessaire de juger si une transaction portant sur un bien est \u00ab importante \u00bb ou non au cas par cas, et cette interpr\u00e9tation a longtemps \u00e9t\u00e9 laiss\u00e9e \u00e0 la discr\u00e9tion des tribunaux.<\/p>\n\n\n\n<p>La directive la plus autoritaire sur ce point a \u00e9t\u00e9 \u00e9tablie par la d\u00e9cision de la Cour supr\u00eame du 20 janvier 1994 (Heisei 6). Cette d\u00e9cision a clarifi\u00e9 que le jugement de l&#8217;\u00ab importance \u00bb ne devrait pas se faire sur la base d&#8217;un crit\u00e8re unique, mais plut\u00f4t en prenant en compte de mani\u00e8re globale plusieurs \u00e9l\u00e9ments. Les crit\u00e8res de jugement \u00e9nonc\u00e9s par le tribunal sont les suivants :<\/p>\n\n\n\n<ol start=\"1\">\n<li>La valeur du bien concern\u00e9 : il s&#8217;agit du montant absolu de la propri\u00e9t\u00e9 faisant l&#8217;objet de la transaction.<\/li>\n\n\n\n<li>La proportion dans l&#8217;actif total de la soci\u00e9t\u00e9 : cela indique la valeur relative du bien par rapport \u00e0 la taille financi\u00e8re de l&#8217;entreprise. C&#8217;est un indicateur de l&#8217;importance quantitative.<\/li>\n\n\n\n<li>L&#8217;objectif de d\u00e9tention du bien : c&#8217;est un \u00e9l\u00e9ment qui \u00e9value l&#8217;aspect qualitatif. Par exemple, une usine utilis\u00e9e par l&#8217;entreprise pour son activit\u00e9 principale ou un droit de brevet sur une technologie cl\u00e9 peut \u00eatre jug\u00e9 strat\u00e9giquement \u00ab important \u00bb par rapport \u00e0 un bien immobilier d&#8217;investissement de m\u00eame valeur.<\/li>\n\n\n\n<li>La mani\u00e8re de disposer du bien : la m\u00e9thode de disposition du bien est \u00e9galement prise en compte. Par exemple, une disposition gratuite telle qu&#8217;un don ou une donation, qui implique un flux sortant de l&#8217;actif de l&#8217;entreprise, peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme une disposition \u00ab importante \u00bb m\u00eame pour un montant inf\u00e9rieur, par rapport \u00e0 une vente au prix du march\u00e9.<\/li>\n\n\n\n<li>Le traitement habituel dans l&#8217;entreprise : la mani\u00e8re dont l&#8217;entreprise a trait\u00e9 des transactions similaires dans le pass\u00e9 est \u00e9galement un \u00e9l\u00e9ment de jugement.<\/li>\n<\/ol>\n\n\n\n<p>Ce cadre de jugement multidimensionnel signifie que les entreprises ne peuvent pas se reposer sur des crit\u00e8res formels tels que \u00ab c&#8217;est moins de X % de l&#8217;actif total, donc c&#8217;est acceptable \u00bb. Au contraire, il est extr\u00eamement important pour la gestion des risques de gouvernance que les entreprises elles-m\u00eames \u00e9tablissent \u00e0 l&#8217;avance des crit\u00e8res rationnels et clairs, par exemple dans leur r\u00e8glement int\u00e9rieur ou leur proc\u00e9dure de conseil d&#8217;administration, pour d\u00e9terminer quelles transactions doivent \u00eatre soumises \u00e0 la r\u00e9solution du conseil d&#8217;administration.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Criteres_de_jugement_pour_les_%C2%AB_dettes_importantes_%C2%BB_sous_le_droit_des_societes_japonais\"><\/span>Crit\u00e8res de jugement pour les \u00ab dettes importantes \u00bb sous le droit des soci\u00e9t\u00e9s japonais<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n\n\n\n<p>Tout comme pour les &#8220;biens importants&#8221;, l&#8217;article 362, paragraphe 4, point 2 de la loi japonaise sur les soci\u00e9t\u00e9s ne fournit pas de crit\u00e8re mon\u00e9taire clair pour d\u00e9finir ce qui constitue une \u00ab dette importante \u00bb. L&#8217;interpr\u00e9tation de ce terme s&#8217;est form\u00e9e au fil des d\u00e9cisions de justice, notamment celle du Tribunal de district de Tokyo en date du 17 mars 1997 (1997). Cette d\u00e9cision a \u00e9tabli qu&#8217;il convient de prendre en compte de mani\u00e8re globale les \u00e9l\u00e9ments suivants pour d\u00e9terminer si une dette est consid\u00e9r\u00e9e comme \u00ab importante \u00bb :<\/p>\n\n\n\n<ol start=\"1\">\n<li>Le montant de la dette concern\u00e9e : il s&#8217;agit du montant absolu de l&#8217;emprunt ou de la garantie de dette.<\/li>\n\n\n\n<li>La proportion de cette dette par rapport \u00e0 l&#8217;actif total et au b\u00e9n\u00e9fice ordinaire de la soci\u00e9t\u00e9 : on \u00e9value non seulement la taille de l&#8217;actif de la soci\u00e9t\u00e9, mais aussi la taille relative de la dette par rapport \u00e0 sa capacit\u00e9 de g\u00e9n\u00e9ration de revenus.<\/li>\n\n\n\n<li>L&#8217;objectif de la dette concern\u00e9e : l&#8217;usage des fonds et ce qu&#8217;il signifie pour l&#8217;entreprise et ses activit\u00e9s.<\/li>\n\n\n\n<li>Le traitement habituel de la dette au sein de l&#8217;entreprise : les pratiques internes en mati\u00e8re de financement et de garanties pass\u00e9es.<\/li>\n<\/ol>\n\n\n\n<p>Dans le cas jug\u00e9 par cette d\u00e9cision, il \u00e9tait question de savoir si une r\u00e9serve de garantie solidaire de 1 milliard de yens effectu\u00e9e par une entreprise (Y) pour une soci\u00e9t\u00e9 affili\u00e9e (A) constituait une \u00ab dette importante \u00bb. Bien que la part de la garantie de 1 milliard de yens dans l&#8217;actif total de Y ne repr\u00e9sentait que 0,51%, la cour a soulign\u00e9 que cette somme repr\u00e9sentait 7,75% du capital social et surtout 24,6% du b\u00e9n\u00e9fice ordinaire. De plus, il a \u00e9t\u00e9 not\u00e9 que le r\u00e8glement du conseil d&#8217;administration de Y stipulait lui-m\u00eame que les \u00ab obligations de garantie de plus de 500 millions de yens \u00bb devaient \u00eatre approuv\u00e9es par le conseil d&#8217;administration.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce qui est remarquable dans cette d\u00e9cision, c&#8217;est que la cour a pris en compte non seulement l&#8217;actif total, un indicateur statique du bilan, mais aussi le b\u00e9n\u00e9fice ordinaire, un indicateur dynamique du compte de r\u00e9sultat. Cela montre l&#8217;approche judiciaire qui privil\u00e9gie l&#8217;\u00e9valuation de l&#8217;impact d&#8217;une dette non seulement en termes de taille de l&#8217;entreprise, mais aussi en termes de capacit\u00e9 de remboursement de la dette, d&#8217;effet sur la rentabilit\u00e9 et donc de risque pour la continuit\u00e9 de l&#8217;activit\u00e9. Une dette qui peut sembler petite par rapport \u00e0 la taille de l&#8217;actif, mais qui exerce une pression importante sur les b\u00e9n\u00e9fices de l&#8217;entreprise, peut donc \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme une \u00ab dette importante \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Comparaison_des_criteres_de_jugement\"><\/span>Comparaison des crit\u00e8res de jugement<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n\n\n\n<p>Les crit\u00e8res de jugement des tribunaux japonais concernant les deux r\u00e9solutions importantes mentionn\u00e9es pr\u00e9c\u00e9demment pr\u00e9sentent de nombreux points communs, mais aussi des diff\u00e9rences significatives. Comparer ces crit\u00e8res permet de mieux comprendre comment les tribunaux japonais \u00e9valuent les questions cruciales pour les entreprises. Le tableau ci-dessous organise les deux ensembles de crit\u00e8res de jugement.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table><thead><tr><td>\u00c9l\u00e9ment de jugement<\/td><td>Disposition et acquisition d&#8217;actifs importants (D\u00e9cision de la Cour supr\u00eame du Japon, 20 janvier 1994)<\/td><td>Endettement important (D\u00e9cision du Tribunal de district de Tokyo, 17 mars 1997)<\/td><\/tr><\/thead><tbody><tr><td>Aspect quantitatif<\/td><td>Valeur des actifs, proportion par rapport au total des actifs de la soci\u00e9t\u00e9<\/td><td>Montant de la dette, proportion par rapport au total des actifs et aux b\u00e9n\u00e9fices ordinaires, etc.<\/td><\/tr><tr><td>Aspect qualitatif<\/td><td>Objectif de d\u00e9tention des actifs, nature de l&#8217;acte de disposition<\/td><td>Objectif de l&#8217;endettement<\/td><\/tr><tr><td>Pratique<\/td><td>Traitement habituel au sein de l&#8217;entreprise<\/td><td>Traitement habituel au sein de l&#8217;entreprise<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<p>Comme le montre cette comparaison, les cadres de jugement des deux cas sont constitu\u00e9s de trois piliers : l&#8217;aspect quantitatif, l&#8217;aspect qualitatif et les pratiques internes de l&#8217;entreprise, ce qui d\u00e9montre que les tribunaux japonais adoptent une approche coh\u00e9rente pour appr\u00e9hender ces probl\u00e9matiques. La principale diff\u00e9rence r\u00e9side dans l&#8217;\u00e9valuation de l&#8217;aspect quantitatif, o\u00f9, dans le cas d&#8217;un \u00ab endettement important \u00bb, un indicateur de rentabilit\u00e9 tel que les \u00ab b\u00e9n\u00e9fices ordinaires, etc. \u00bb est ajout\u00e9. Cela sugg\u00e8re que les tribunaux reconnaissent pr\u00e9cis\u00e9ment la diff\u00e9rence fondamentale entre la disposition d&#8217;actifs, qui est un acte ponctuel affectant principalement le bilan, et l&#8217;endettement, qui implique des paiements d&#8217;int\u00e9r\u00eats continus et a un impact \u00e0 long terme sur la tr\u00e9sorerie et la structure des b\u00e9n\u00e9fices de l&#8217;entreprise. Cette approche flexible et adapt\u00e9e aux circonstances refl\u00e8te la maturit\u00e9 des d\u00e9cisions judiciaires dans la gouvernance d&#8217;entreprise au Japon.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"L%E2%80%99efficacite_des_transactions_sans_resolution_du_conseil_d%E2%80%99administration_Impact_externe_sous_le_droit_japonais\"><\/span>L&#8217;efficacit\u00e9 des transactions sans r\u00e9solution du conseil d&#8217;administration (Impact externe) sous le droit japonais<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n\n\n\n<p>Lorsqu&#8217;un repr\u00e9sentant directeur ex\u00e9cute des transactions telles que la disposition d&#8217;actifs importants ou l&#8217;endettement cons\u00e9quent sans la r\u00e9solution requise du conseil d&#8217;administration, ces contrats de transaction sont-ils l\u00e9galement valides ? Cette question met en lumi\u00e8re le conflit entre les imperfections des proc\u00e9dures internes d&#8217;une entreprise et la protection de la confiance des contreparties.<\/p>\n\n\n\n<p>La position de base des tribunaux japonais sur ce point a \u00e9t\u00e9 \u00e9tablie par la d\u00e9cision de la Cour supr\u00eame du Japon en date du 22 septembre 1965 (1965). Selon cette d\u00e9cision, les transactions effectu\u00e9es sans r\u00e9solution par le repr\u00e9sentant directeur sont, malgr\u00e9 l&#8217;absence de processus de d\u00e9cision interne, consid\u00e9r\u00e9es comme valides en principe. C&#8217;est un principe important pour prot\u00e9ger les tiers qui ont cru en la l\u00e9gitimit\u00e9 de l&#8217;autorit\u00e9 du repr\u00e9sentant directeur pour repr\u00e9senter la soci\u00e9t\u00e9 et pour assurer la s\u00e9curit\u00e9 des transactions.<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, il existe une exception significative \u00e0 ce principe. Si la contrepartie de la transaction savait qu&#8217;il n&#8217;y avait pas de r\u00e9solution du conseil d&#8217;administration (malveillance) ou \u00e9tait n\u00e9gligente dans son ignorance de cette absence (faute), alors la transaction est invalide. Cette doctrine est souvent expliqu\u00e9e par une application par analogie de l&#8217;article 93 du Code civil japonais et est appel\u00e9e la &#8220;th\u00e9orie de l&#8217;invalidit\u00e9 relative&#8221;.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce que signifie cette doctrine, c&#8217;est qu&#8217;une certaine obligation de diligence est impos\u00e9e aux contreparties des transactions, en particulier aux op\u00e9rateurs professionnels tels que les institutions financi\u00e8res et les soci\u00e9t\u00e9s immobili\u00e8res. Lorsqu&#8217;une transaction est jug\u00e9e \u00ab importante \u00bb ou \u00ab cons\u00e9quente \u00bb d&#8217;un point de vue objectif, il ne suffit pas pour la contrepartie de pr\u00e9tendre simplement qu&#8217;elle ne savait pas ; elle est cens\u00e9e faire preuve de la diligence n\u00e9cessaire, comme v\u00e9rifier les proc\u00e8s-verbaux du conseil d&#8217;administration, pour s&#8217;assurer de l&#8217;existence ou non d&#8217;une r\u00e9solution. Dans la d\u00e9cision du Tribunal de district de Tokyo du 17 mars 1997, ce point pr\u00e9cis a \u00e9t\u00e9 contest\u00e9, et le tribunal a reconnu que la banque qui avait conclu un contrat de garantie de 1 milliard de yens avait \u00e9t\u00e9 n\u00e9gligente en ne v\u00e9rifiant pas l&#8217;existence d&#8217;une r\u00e9solution, et a d\u00e9clar\u00e9 la garantie invalide.<\/p>\n\n\n\n<p>Il convient de noter que, en principe, seule la soci\u00e9t\u00e9 elle-m\u00eame peut invoquer cette invalidit\u00e9, et il n&#8217;est pas permis \u00e0 la contrepartie de la transaction de revendiquer l&#8217;invalidit\u00e9 pour son propre b\u00e9n\u00e9fice.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"La_responsabilite_des_directeurs_Impact_interne_sous_le_droit_japonais\"><\/span>La responsabilit\u00e9 des directeurs (Impact interne) sous le droit japonais<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n\n\n\n<p>Les cons\u00e9quences juridiques d&#8217;une transaction effectu\u00e9e sans la r\u00e9solution du conseil d&#8217;administration ne se limitent pas \u00e0 la validit\u00e9 externe de la transaction. Plus directes et graves sont les responsabilit\u00e9s que les directeurs impliqu\u00e9s encourent au sein de l&#8217;entreprise.<\/p>\n\n\n\n<p>L&#8217;article 423, paragraphe 1, de la loi japonaise sur les soci\u00e9t\u00e9s stipule que si un directeur manque \u00e0 ses devoirs (n\u00e9gligence dans l&#8217;exercice de ses fonctions) et cause ainsi un pr\u00e9judice \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9, il est responsable de r\u00e9parer le dommage caus\u00e9 <sup><\/sup>. Ignorer d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment la proc\u00e9dure l\u00e9gale d&#8217;une r\u00e9solution du conseil d&#8217;administration pour ex\u00e9cuter des op\u00e9rations importantes constitue clairement une telle n\u00e9gligence <sup><\/sup>. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Cette responsabilit\u00e9 ne se limite pas uniquement au directeur repr\u00e9sentant qui a effectu\u00e9 la transaction. Les autres directeurs, en tant que membres du conseil d&#8217;administration, ont \u00e9galement un devoir de surveillance sur l&#8217;ex\u00e9cution des op\u00e9rations par les autres directeurs. Par cons\u00e9quent, les autres directeurs qui ont reconnu ou auraient d\u00fb reconna\u00eetre un acte de d\u00e9passement d&#8217;autorit\u00e9 par le directeur repr\u00e9sentant, mais qui l&#8217;ont n\u00e9glig\u00e9, peuvent \u00e9galement \u00eatre tenus responsables de r\u00e9parer le dommage en tant que violation de leur devoir de surveillance. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>L&#8217;importance de ce devoir de surveillance des directeurs a \u00e9t\u00e9 soulign\u00e9e \u00e0 plusieurs reprises dans la jurisprudence japonaise, \u00e0 travers des affaires c\u00e9l\u00e8bres telles que le proc\u00e8s repr\u00e9sentatif des actionnaires de la Banque Daiwa. Ces pr\u00e9c\u00e9dents montrent que les directeurs ont un devoir actif de mettre en place un syst\u00e8me de contr\u00f4le interne efficace pour assurer la conformit\u00e9 avec les lois et de superviser son bon fonctionnement <sup><\/sup>. Une attitude passive consistant simplement \u00e0 ne pas participer \u00e0 des actes r\u00e9pr\u00e9hensibles est insuffisante, et les excuses telles que \u00ab je ne savais pas \u00bb ou \u00ab ce n&#8217;\u00e9tait pas de ma responsabilit\u00e9 \u00bb ne sont g\u00e9n\u00e9ralement pas accept\u00e9es. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>De plus, cette responsabilit\u00e9 de r\u00e9paration du dommage est solidaire. Cela signifie que chaque directeur responsable doit assumer l&#8217;obligation de r\u00e9parer l&#8217;int\u00e9gralit\u00e9 du pr\u00e9judice subi par la soci\u00e9t\u00e9, ce qui peut entra\u00eener des cons\u00e9quences extr\u00eamement lourdes pour les directeurs individuellement. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Resume\"><\/span>R\u00e9sum\u00e9<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n\n\n\n<p>Tel qu&#8217;expliqu\u00e9 dans cet article, sous le droit des soci\u00e9t\u00e9s japonais, des d\u00e9cisions du conseil d&#8217;administration sont l\u00e9galement requises pour l&#8217;ex\u00e9cution d&#8217;op\u00e9rations affectant l&#8217;essence m\u00eame de l&#8217;entreprise, telles que la \u00ab disposition et l&#8217;acquisition d&#8217;actifs importants \u00bb ou l&#8217;\u00ab endettement cons\u00e9quent \u00bb. L&#8217;interpr\u00e9tation de ces termes repose sur des crit\u00e8res multidimensionnels form\u00e9s par la jurisprudence, exigeant une \u00e9valuation substantielle plut\u00f4t que formelle, adapt\u00e9e aux circonstances individuelles. En cas de non-respect de ces exigences l\u00e9gales, une entreprise fait face \u00e0 un double risque. D&#8217;une part, il y a le risque externe que le contrat puisse \u00eatre d\u00e9clar\u00e9 nul si la contrepartie agit de bonne foi et sans faute. D&#8217;autre part, il y a un risque interne plus grave : les directeurs impliqu\u00e9s dans une ex\u00e9cution ill\u00e9gale des op\u00e9rations, ainsi que ceux qui l&#8217;ont ignor\u00e9e, peuvent \u00eatre tenus responsables de dommages-int\u00e9r\u00eats consid\u00e9rables envers la soci\u00e9t\u00e9. La gestion appropri\u00e9e de ces risques est un enjeu de gestion essentiel pour toutes les entreprises op\u00e9rant au Japon.<\/p>\n\n\n\n<p>Le cabinet d&#8217;avocats Monolith poss\u00e8de une solide exp\u00e9rience dans le soutien \u00e0 une multitude de clients, tant nationaux qu&#8217;internationaux, en mati\u00e8re de gouvernance d&#8217;entreprise japonaise. Notre cabinet compte plusieurs avocats qualifi\u00e9s en droit \u00e9tranger et anglophones, capables d&#8217;expliquer avec pr\u00e9cision les exigences complexes de la loi japonaise sur les soci\u00e9t\u00e9s dans un contexte commercial international et de fournir des conseils pratiques. Nous sommes enti\u00e8rement \u00e9quip\u00e9s pour soutenir votre entreprise dans la gestion des op\u00e9rations du conseil d&#8217;administration, la diligence raisonnable juridique li\u00e9e aux d\u00e9cisions importantes et la gestion des risques de responsabilit\u00e9 des dirigeants, afin de garantir que vos activit\u00e9s au Japon se d\u00e9roulent sans heurts et en conformit\u00e9 avec la l\u00e9gislation.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Au sein des soci\u00e9t\u00e9s par actions japonaises, le repr\u00e9sentant directeur dispose d&#8217;un large \u00e9ventail de pouvoirs et ex\u00e9cute les op\u00e9rations de l&#8217;entreprise. 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