{"id":72872,"date":"2025-07-31T20:15:46","date_gmt":"2025-07-31T11:15:46","guid":{"rendered":"https:\/\/monolith.law\/fr\/?p=72872"},"modified":"2025-09-24T23:40:34","modified_gmt":"2025-09-24T14:40:34","slug":"company-formation-legal-japan","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/monolith.law\/fr\/general-corporate\/company-formation-legal-japan","title":{"rendered":"Points juridiques sur la cr\u00e9ation d&#8217;entreprise au Japon : Autorit\u00e9 des fondateurs, acceptation des actifs, explication des paiements fictifs"},"content":{"rendered":"\n<p>La cr\u00e9ation d&#8217;une entreprise est la premi\u00e8re \u00e9tape pour lancer une nouvelle activit\u00e9. Un r\u00f4le central dans cette phase cruciale est jou\u00e9 par le &#8220;promoteur&#8221;. Cependant, les pouvoirs du promoteur ne sont pas illimit\u00e9s. Le droit des soci\u00e9t\u00e9s japonais d\u00e9finit des limites aux pouvoirs du promoteur afin de prot\u00e9ger la soci\u00e9t\u00e9 en formation, les futurs actionnaires et les partenaires commerciaux. En particulier, lors de la formation de la base financi\u00e8re de l&#8217;entreprise, des r\u00e8gles strictes sont \u00e9tablies. Le processus de cr\u00e9ation d&#8217;une entreprise n&#8217;est pas simplement une succession de d\u00e9marches administratives, mais un acte qui construit le fondement juridique pour la sant\u00e9 future de l&#8217;entreprise. Pour pr\u00e9venir les risques juridiques qui peuvent survenir au cours de ce processus, il est essentiel de comprendre pr\u00e9cis\u00e9ment les r\u00e9glementations du droit des soci\u00e9t\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>L&#8217;une de ces r\u00e9glementations est la &#8220;prise en charge des biens&#8221;. Il s&#8217;agit d&#8217;un contrat par lequel le promoteur s&#8217;engage \u00e0 acqu\u00e9rir certains biens pour la soci\u00e9t\u00e9 apr\u00e8s sa cr\u00e9ation. Comme cette op\u00e9ration comporte des risques de pr\u00e9judice injuste pour les biens de la soci\u00e9t\u00e9, le droit des soci\u00e9t\u00e9s japonais exige des proc\u00e9dures strictes telles que l&#8217;inscription dans les statuts ou l&#8217;examen par un inspecteur nomm\u00e9 par le tribunal. N\u00e9gliger ces proc\u00e9dures peut entra\u00eener l&#8217;invalidit\u00e9 du contrat, avec des cons\u00e9quences juridiques graves.<\/p>\n\n\n\n<p>Un autre th\u00e8me important est le &#8220;faux versement de capital&#8221;. Il s&#8217;agit d&#8217;une action qui cr\u00e9e l&#8217;apparence que le capital social a \u00e9t\u00e9 effectivement vers\u00e9, falsifiant ainsi la base financi\u00e8re de l&#8217;entreprise. Selon la jurisprudence japonaise, m\u00eame si de telles pratiques frauduleuses sont identifi\u00e9es, tant qu&#8217;il y a un mouvement formel d&#8217;argent, le versement est consid\u00e9r\u00e9 comme valide. Cependant, les promoteurs et les administrateurs impliqu\u00e9s peuvent non seulement \u00eatre tenus de payer \u00e0 nouveau l&#8217;argent \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9, mais ils peuvent \u00e9galement \u00eatre sujets \u00e0 des sanctions p\u00e9nales.<\/p>\n\n\n\n<p>Cet article se concentre sur trois th\u00e8mes importants dans le droit des soci\u00e9t\u00e9s japonais lors de la cr\u00e9ation d&#8217;une entreprise : &#8220;la port\u00e9e des pouvoirs du promoteur&#8221;, &#8220;les exigences l\u00e9gales pour la prise en charge des biens&#8221; et &#8220;les cons\u00e9quences juridiques du faux versement de capital&#8221;. Ces r\u00e9glementations sont essentielles pour assurer le principe d&#8217;un capital suffisant, qui est la base d&#8217;une gestion saine de l&#8217;entreprise.<\/p>\n\n\n\n<div id=\"ez-toc-container\" class=\"ez-toc-v2_0_53 counter-hierarchy ez-toc-counter ez-toc-grey ez-toc-container-direction\">\n<div class=\"ez-toc-title-container\">\n<span class=\"ez-toc-title-toggle\"><\/span><\/div>\n<nav><ul class='ez-toc-list ez-toc-list-level-1 ' ><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-1\" href=\"https:\/\/monolith.law\/fr\/general-corporate\/company-formation-legal-japan\/#Les_pouvoirs_des_fondateurs_et_leurs_limites_sous_le_droit_japonais\" title=\"Les pouvoirs des fondateurs et leurs limites sous le droit japonais\">Les pouvoirs des fondateurs et leurs limites sous le droit japonais<\/a><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-2\" href=\"https:\/\/monolith.law\/fr\/general-corporate\/company-formation-legal-japan\/#Les_exigences_strictes_de_l%E2%80%99acceptation_de_biens_sous_le_droit_des_societes_japonais\" title=\"Les exigences strictes de l&#8217;acceptation de biens sous le droit des soci\u00e9t\u00e9s japonais\">Les exigences strictes de l&#8217;acceptation de biens sous le droit des soci\u00e9t\u00e9s japonais<\/a><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-3\" href=\"https:\/\/monolith.law\/fr\/general-corporate\/company-formation-legal-japan\/#Les_risques_et_consequences_juridiques_du_paiement_fictif_sous_le_droit_japonais\" title=\"Les risques et cons\u00e9quences juridiques du paiement fictif sous le droit japonais\">Les risques et cons\u00e9quences juridiques du paiement fictif sous le droit japonais<\/a><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-4\" href=\"https:\/\/monolith.law\/fr\/general-corporate\/company-formation-legal-japan\/#Comparaison_entre_la_prise_de_biens_et_l%E2%80%99apport_en_nature_sous_le_droit_des_societes_japonais\" title=\"Comparaison entre la prise de biens et l&#8217;apport en nature sous le droit des soci\u00e9t\u00e9s japonais\">Comparaison entre la prise de biens et l&#8217;apport en nature sous le droit des soci\u00e9t\u00e9s japonais<\/a><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-5\" href=\"https:\/\/monolith.law\/fr\/general-corporate\/company-formation-legal-japan\/#Resume\" title=\"R\u00e9sum\u00e9\">R\u00e9sum\u00e9<\/a><\/li><\/ul><\/nav><\/div>\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Les_pouvoirs_des_fondateurs_et_leurs_limites_sous_le_droit_japonais\"><\/span>Les pouvoirs des fondateurs et leurs limites sous le droit japonais<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n\n\n\n<p>Dans le processus de cr\u00e9ation d&#8217;une soci\u00e9t\u00e9, les fondateurs jouent un r\u00f4le central. Selon l&#8217;article 25, paragraphe 1 de la loi japonaise sur les soci\u00e9t\u00e9s (\u4f1a\u793e\u6cd5), les fondateurs sont d\u00e9finis comme les personnes qui \u00e9tablissent les statuts, qui sont les r\u00e8gles fondamentales de la soci\u00e9t\u00e9, et qui les signent ou y apposent leur sceau. Les fondateurs ont le pouvoir d&#8217;agir en tant qu&#8217;organes d&#8217;une &#8220;soci\u00e9t\u00e9 en formation&#8221; qui n&#8217;existe pas encore l\u00e9galement, afin de r\u00e9aliser les actes n\u00e9cessaires \u00e0 la constitution de la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce pouvoir inclut la cr\u00e9ation des statuts, la d\u00e9cision sur les types d&#8217;actions \u00e0 \u00e9mettre lors de la cr\u00e9ation, la souscription des actions pour devenir actionnaire, la nomination des administrateurs et des commissaires aux comptes au moment de la cr\u00e9ation, ainsi que la d\u00e9signation des institutions financi\u00e8res pour la garde des fonds vers\u00e9s pour les actions. Toutes ces actions sont essentielles pour donner naissance l\u00e9galement \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 et pour qu&#8217;elle puisse commencer ses activit\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, les pouvoirs des fondateurs sont strictement limit\u00e9s \u00e0 l&#8217;objectif de &#8220;cr\u00e9ation de la soci\u00e9t\u00e9&#8221;. Les actes qui d\u00e9passent ce cadre ne sont g\u00e9n\u00e9ralement pas attribu\u00e9s \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 apr\u00e8s sa cr\u00e9ation. Par exemple, les activit\u00e9s commerciales que la soci\u00e9t\u00e9 devrait entreprendre apr\u00e8s sa constitution, si elles sont initi\u00e9es avant la formation de la soci\u00e9t\u00e9, sont g\u00e9n\u00e9ralement jug\u00e9es hors du champ des pouvoirs des fondateurs. Cela pourrait inclure, par exemple, l&#8217;achat en gros de marchandises, la signature de contrats de location \u00e0 long terme pour des biens immobiliers d&#8217;entreprise ou l&#8217;emprunt de sommes importantes.<\/p>\n\n\n\n<p>La d\u00e9cision de savoir si les actes d&#8217;un fondateur se situent dans les limites de ses pouvoirs se fait sur la base de savoir s&#8217;ils sont objectivement n\u00e9cessaires \u00e0 la cr\u00e9ation de la soci\u00e9t\u00e9 en tant qu'&#8221;actes pr\u00e9paratoires \u00e0 l&#8217;ouverture&#8221;. \u00c0 cet \u00e9gard, un arr\u00eat de la Cour supr\u00eame du Japon en date du 18 septembre 1973 (\u662d\u548c48\u5e74) fournit une orientation importante. Cet arr\u00eat a jug\u00e9 que m\u00eame les actes d&#8217;une soci\u00e9t\u00e9 en formation, s&#8217;ils se situent dans le cadre de son objectif, c&#8217;est-\u00e0-dire s&#8217;ils sont objectivement n\u00e9cessaires en tant qu&#8217;actes pr\u00e9paratoires \u00e0 l&#8217;ouverture, sont attribu\u00e9s \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 apr\u00e8s sa cr\u00e9ation. Inversement, les droits et obligations d\u00e9coulant de transactions qui d\u00e9passent ce cadre sont, en principe, attribu\u00e9s \u00e0 la personne du fondateur qui a effectu\u00e9 l&#8217;acte, et la soci\u00e9t\u00e9 apr\u00e8s sa cr\u00e9ation n&#8217;est pas li\u00e9e par ceux-ci. Par cons\u00e9quent, les fondateurs doivent toujours faire attention \u00e0 ce que leurs actes restent dans les limites de l&#8217;objectif de cr\u00e9ation de la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Les_exigences_strictes_de_l%E2%80%99acceptation_de_biens_sous_le_droit_des_societes_japonais\"><\/span>Les exigences strictes de l&#8217;acceptation de biens sous le droit des soci\u00e9t\u00e9s japonais<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n\n\n\n<p>Pour assurer la base patrimoniale d&#8217;une entreprise, le droit des soci\u00e9t\u00e9s au Japon impose des r\u00e9gulations sp\u00e9ciales lorsque des biens autres que de l&#8217;argent sont apport\u00e9s en tant que capital ou lorsque le patrimoine de l&#8217;entreprise est form\u00e9 \u00e0 travers certaines transactions. L&#8217;une de ces r\u00e9gulations concerne l&#8217;\u00ab acceptation de biens \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>L&#8217;acceptation de biens, telle que d\u00e9finie \u00e0 l&#8217;article 28, paragraphe 2 du droit des soci\u00e9t\u00e9s japonais, est un contrat par lequel un promoteur accepte de recevoir certains biens d&#8217;un tiers sp\u00e9cifique, conditionnellement \u00e0 la constitution de la soci\u00e9t\u00e9. Cela peut concerner, par exemple, l&#8217;achat pr\u00e9vu de biens immobiliers ou d&#8217;\u00e9quipements industriels \u00e0 utiliser dans l&#8217;entreprise apr\u00e8s sa cr\u00e9ation, aupr\u00e8s d&#8217;une personne d\u00e9termin\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Bien que similaire \u00e0 l&#8217;apport en nature (o\u00f9 des biens sont apport\u00e9s en tant que capital au lieu d&#8217;un paiement en esp\u00e8ces), l&#8217;acceptation de biens est juridiquement diff\u00e9rente. Elle suppose un processus en deux \u00e9tapes : d&#8217;abord, recevoir un paiement en esp\u00e8ces des actionnaires, puis utiliser cet argent pour acheter les biens sp\u00e9cifiques.<\/p>\n\n\n\n<p>Le droit des soci\u00e9t\u00e9s japonais impose des r\u00e9gulations strictes sur l&#8217;acceptation de biens pour prot\u00e9ger le principe de l&#8217;augmentation du capital de l&#8217;entreprise. Si un contrat est conclu pour acheter des biens \u00e0 un prix excessivement \u00e9lev\u00e9, cela peut r\u00e9duire substantiellement les actifs de l&#8217;entreprise et causer un pr\u00e9judice aux autres actionnaires et cr\u00e9anciers. Pour pr\u00e9venir de telles situations, l&#8217;acceptation de biens, en tant que \u00ab question d&#8217;\u00e9tablissement atypique \u00bb, ne peut \u00eatre reconnue valide que si elle remplit les exigences l\u00e9gales strictes suivantes.<\/p>\n\n\n\n<p>Premi\u00e8rement, il est n\u00e9cessaire d&#8217;inscrire dans les statuts de la soci\u00e9t\u00e9 la description des biens \u00e0 recevoir, leur valeur et le nom ou la d\u00e9nomination du c\u00e9dant (article 28, paragraphe 2 du droit des soci\u00e9t\u00e9s japonais). Un contrat d&#8217;acceptation de biens qui omet cette inscription dans les statuts est consid\u00e9r\u00e9 comme n&#8217;ayant pas d&#8217;effet.<\/p>\n\n\n\n<p>Deuxi\u00e8mement, en principe, la valeur des biens inscrits dans les statuts doit \u00eatre examin\u00e9e par un inspecteur nomm\u00e9 par le tribunal pour s&#8217;assurer qu&#8217;elle est appropri\u00e9e (article 33, paragraphe 1 du droit des soci\u00e9t\u00e9s japonais). L&#8217;inspecteur \u00e9value la valeur des biens de mani\u00e8re objective et rapporte ses conclusions au tribunal.<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, une enqu\u00eate de l&#8217;inspecteur n&#8217;est pas toujours n\u00e9cessaire. L&#8217;article 33, paragraphe 10 du droit des soci\u00e9t\u00e9s japonais pr\u00e9voit les exceptions suivantes :<\/p>\n\n\n\n<ul>\n<li>Si la valeur totale des biens inscrits dans les statuts ne d\u00e9passe pas 5 millions de yens.<\/li>\n\n\n\n<li>Si les biens \u00e0 recevoir sont des valeurs mobili\u00e8res ayant un prix de march\u00e9 et que la valeur inscrite dans les statuts ne d\u00e9passe pas ce prix de march\u00e9.<\/li>\n\n\n\n<li>Si la valeur inscrite dans les statuts est certifi\u00e9e comme \u00e9tant appropri\u00e9e par des professionnels tels que des avocats, des comptables agr\u00e9\u00e9s ou des fiscalistes (y compris une \u00e9valuation de la valeur).<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>Un contrat d&#8217;acceptation de biens qui ne remplit pas l&#8217;une de ces exigences strictes est juridiquement invalide. Cette invalidit\u00e9 est absolue et ne peut \u00eatre valid\u00e9e a posteriori par une assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale des actionnaires. Par exemple, le jugement du Tribunal de district de Tokyo en date du 27 f\u00e9vrier 1991 (1991\u5e742\u670827\u65e5) a clairement reconnu l&#8217;invalidit\u00e9 d&#8217;une acceptation de biens qui omettait l&#8217;inscription dans les statuts. Par cons\u00e9quent, lors de la cr\u00e9ation d&#8217;une entreprise, il est extr\u00eamement important de respecter scrupuleusement ces exigences l\u00e9gales.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Les_risques_et_consequences_juridiques_du_paiement_fictif_sous_le_droit_japonais\"><\/span>Les risques et cons\u00e9quences juridiques du paiement fictif sous le droit japonais<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n\n\n\n<p>Le capital social d&#8217;une entreprise constitue la base de ses activit\u00e9s commerciales. C&#8217;est pourquoi la loi japonaise sur les soci\u00e9t\u00e9s impose aux fondateurs et aux souscripteurs d&#8217;actions l&#8217;obligation de verser en esp\u00e8ces la contrepartie des actions souscrites. Cependant, le &#8220;paiement fictif&#8221; est une pratique frauduleuse qui consiste \u00e0 \u00e9chapper \u00e0 cette obligation de paiement.<\/p>\n\n\n\n<p>Le paiement fictif est un terme g\u00e9n\u00e9ral d\u00e9signant une action qui, bien qu&#8217;elle semble avoir \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9e en apparence, n&#8217;assure pas r\u00e9ellement la propri\u00e9t\u00e9 des actifs de l&#8217;entreprise. Une m\u00e9thode typique est le &#8220;d\u00e9p\u00f4t de garantie&#8221;. Dans ce cas, le fondateur conspire avec l&#8217;institution de traitement des paiements (comme une banque), emprunte de l&#8217;argent pour effectuer le paiement, puis rembourse imm\u00e9diatement cet emprunt une fois l&#8217;enregistrement de la cr\u00e9ation de l&#8217;entreprise termin\u00e9. En cons\u00e9quence, bien que le montant \u00e9quivalent au capital social soit temporairement cr\u00e9dit\u00e9 sur le compte bancaire de l&#8217;entreprise, il est rapidement retir\u00e9, et ainsi, les actifs de l&#8217;entreprise ne sont pas r\u00e9ellement constitu\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette pratique est probl\u00e9matique car elle compromet gravement le principe de suffisance du capital, qui est au c\u0153ur de la cr\u00e9dibilit\u00e9 de l&#8217;entreprise, en cr\u00e9ant une base patrimoniale d\u00e9pourvue de substance r\u00e9elle.<\/p>\n\n\n\n<p>Il est int\u00e9ressant de noter que le syst\u00e8me juridique japonais r\u00e9glemente les effets juridiques du paiement fictif sous deux aspects. D&#8217;abord, en ce qui concerne la validit\u00e9 m\u00eame du paiement, celui-ci est consid\u00e9r\u00e9 comme valide. Depuis un arr\u00eat de la Cour supr\u00eame du Japon en date du 6 d\u00e9cembre 1963 (1963), la jurisprudence japonaise a constamment jug\u00e9 que, m\u00eame si l&#8217;argent \u00e9tait emprunt\u00e9 et destin\u00e9 \u00e0 \u00eatre rembours\u00e9 rapidement, le paiement est valable d\u00e8s lors qu&#8217;un transfert d&#8217;argent r\u00e9el a eu lieu. Cette approche vise \u00e0 prot\u00e9ger la s\u00e9curit\u00e9 des transactions et est \u00e9galement reprise dans l&#8217;article 64, paragraphe 1 de la loi japonaise sur les soci\u00e9t\u00e9s actuelle.<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, le fait que le paiement soit valide ne signifie pas que les fondateurs sont exempts de responsabilit\u00e9. Au contraire, ils sont soumis \u00e0 une responsabilit\u00e9 s\u00e9v\u00e8re. L&#8217;article 64, paragraphe 1 de la loi japonaise sur les soci\u00e9t\u00e9s stipule que les fondateurs et les directeurs au moment de la cr\u00e9ation de l&#8217;entreprise sont solidairement tenus de payer \u00e0 l&#8217;entreprise le montant \u00e9quivalent au capital vers\u00e9. Cette disposition vise \u00e0 compenser les actifs perdus par l&#8217;entreprise en raison du paiement fictif et \u00e0 assurer substantiellement le capital.<\/p>\n\n\n\n<p>De plus, le paiement fictif n&#8217;entra\u00eene pas seulement une responsabilit\u00e9 civile, mais peut \u00e9galement \u00eatre sujet \u00e0 des sanctions p\u00e9nales. Faire \u00e9mettre un certificat de d\u00e9p\u00f4t de paiement frauduleux par l&#8217;institution de traitement des paiements peut constituer un d\u00e9lit de faux en \u00e9criture publique selon l&#8217;article 157, paragraphe 1 du Code p\u00e9nal japonais. En outre, l&#8217;article 965 de la loi japonaise sur les soci\u00e9t\u00e9s pr\u00e9voit des sanctions s\u00e9v\u00e8res pour des actes tels que la r\u00e9alisation d&#8217;un d\u00e9p\u00f4t de garantie dans le but de dissimuler un paiement, avec des peines allant jusqu&#8217;\u00e0 cinq ans d&#8217;emprisonnement ou une amende de cinq millions de yens, ou les deux. Ainsi, le paiement fictif, en tant qu&#8217;acte frauduleux qui \u00e9branle les fondations de l&#8217;entreprise, est strictement r\u00e9glement\u00e9 tant sur le plan civil que p\u00e9nal.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Comparaison_entre_la_prise_de_biens_et_l%E2%80%99apport_en_nature_sous_le_droit_des_societes_japonais\"><\/span>Comparaison entre la prise de biens et l&#8217;apport en nature sous le droit des soci\u00e9t\u00e9s japonais<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n\n\n\n<p>La prise de biens et l&#8217;apport en nature sont tous deux li\u00e9s \u00e0 la base patrimoniale d&#8217;une soci\u00e9t\u00e9 et, en raison du risque qu&#8217;ils repr\u00e9sentent pour la solidit\u00e9 du capital, ils sont soumis \u00e0 une r\u00e9glementation stricte (\u00e9l\u00e9ments de constitution atypique) selon la loi japonaise sur les soci\u00e9t\u00e9s. Ils pr\u00e9sentent des similitudes proc\u00e9durales, notamment l&#8217;obligation d&#8217;\u00eatre mentionn\u00e9s dans les statuts et, en principe, d&#8217;\u00eatre examin\u00e9s par un inspecteur. Cependant, leur nature juridique et leurs objectifs diff\u00e8rent.<\/p>\n\n\n\n<p>L&#8217;apport en nature consiste pour un fondateur ou autre \u00e0 contribuer \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 non pas en argent, mais en biens tels que des biens immobiliers, des valeurs mobili\u00e8res ou des droits de propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle. L&#8217;objectif est de permettre \u00e0 ceux qui poss\u00e8dent des actifs autres que mon\u00e9taires de participer \u00e0 la gestion de l&#8217;entreprise en tant que capital. En contrepartie, des actions correspondant \u00e0 la valeur des biens apport\u00e9s leur sont attribu\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>En revanche, la prise de biens est un contrat par lequel, sur la base d&#8217;un apport en esp\u00e8ces, des biens sp\u00e9cifiques sont achet\u00e9s aupr\u00e8s de personnes sp\u00e9cifiques en utilisant les fonds collect\u00e9s. L&#8217;objectif est de s\u00e9curiser \u00e0 l&#8217;avance des biens sp\u00e9cifiques n\u00e9cessaires \u00e0 l&#8217;entreprise apr\u00e8s sa constitution. La contrepartie n&#8217;est pas des actions attribu\u00e9es, mais de l&#8217;argent pay\u00e9 \u00e0 partir des fonds vers\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette diff\u00e9rence de nature juridique distingue clairement les relations entre les deux. L&#8217;apport en nature est un contrat entre le contributeur et la soci\u00e9t\u00e9 en formation, tandis que la prise de biens est un contrat entre le fondateur et le c\u00e9dant du bien (un tiers). Le tableau suivant r\u00e9sume les principales diff\u00e9rences entre les deux.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-table\"><table><thead><tr><td>\u00c9l\u00e9ment<\/td><td>Prise de biens<\/td><td>Apport en nature<\/td><\/tr><\/thead><tbody><tr><td>D\u00e9finition<\/td><td>Contrat par lequel le fondateur acquiert des biens sp\u00e9cifiques, conditionn\u00e9 par la constitution de la soci\u00e9t\u00e9.<\/td><td>Contribution \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 en biens, tels que des biens immobiliers ou des valeurs mobili\u00e8res, au lieu d&#8217;argent.<\/td><\/tr><tr><td>Article de r\u00e9f\u00e9rence<\/td><td>Article 28, paragraphe 2 de la loi japonaise sur les soci\u00e9t\u00e9s<\/td><td>Article 28, paragraphe 1 de la loi japonaise sur les soci\u00e9t\u00e9s<\/td><\/tr><tr><td>Objectif<\/td><td>Assurer la s\u00e9curisation de biens sp\u00e9cifiques n\u00e9cessaires apr\u00e8s la constitution de la soci\u00e9t\u00e9.<\/td><td>Permettre \u00e0 ceux qui poss\u00e8dent des biens autres que mon\u00e9taires de les utiliser comme capital dans la gestion de l&#8217;entreprise.<\/td><\/tr><tr><td>Parties concern\u00e9es<\/td><td>Fondateur et c\u00e9dant du bien (un tiers).<\/td><td>Fondateur (ou souscripteur d&#8217;actions) et soci\u00e9t\u00e9 en formation.<\/td><\/tr><tr><td>Paiement de la contrepartie<\/td><td>Le paiement est effectu\u00e9 apr\u00e8s la constitution de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 partir des fonds vers\u00e9s.<\/td><td>Des actions sont attribu\u00e9es.<\/td><\/tr><tr><td>R\u00e9glementation<\/td><td>En tant qu&#8217;\u00e9l\u00e9ment de constitution atypique, la mention dans les statuts et l&#8217;inspection par un inspecteur sont en principe n\u00e9cessaires.<\/td><td>En tant qu&#8217;\u00e9l\u00e9ment de constitution atypique, la mention dans les statuts et l&#8217;inspection par un inspecteur sont en principe n\u00e9cessaires.<\/td><\/tr><tr><td>Cons\u00e9quences d&#8217;une infraction<\/td><td>Le contrat est d\u00e9clar\u00e9 nul.<\/td><td>La proc\u00e9dure d&#8217;apport en nature est d\u00e9clar\u00e9e nulle et une obligation de versement en esp\u00e8ces peut en d\u00e9couler.<\/td><\/tr><\/tbody><\/table><\/figure>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Resume\"><\/span>R\u00e9sum\u00e9<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n\n\n\n<p>Dans cet article, nous avons expliqu\u00e9, sur la base des lois et de la jurisprudence, des aspects cruciaux de la cr\u00e9ation d&#8217;entreprise sous le droit des soci\u00e9t\u00e9s au Japon, \u00e0 savoir la port\u00e9e de l&#8217;autorit\u00e9 des fondateurs, les exigences pour l&#8217;acceptation des apports en nature, et les probl\u00e8mes li\u00e9s aux versements fictifs. Ces r\u00e9glementations constituent le fondement de la protection de l&#8217;assise financi\u00e8re de l&#8217;entreprise et de la d\u00e9fense des int\u00e9r\u00eats des actionnaires et des cr\u00e9anciers. En particulier, les proc\u00e9dures strictes concernant les apports en nature et les sanctions civiles et p\u00e9nales s\u00e9v\u00e8res contre les versements fictifs d\u00e9montrent l&#8217;importance que le droit des soci\u00e9t\u00e9s japonais accorde au principe de la suffisance du capital. Comprendre et respecter pr\u00e9cis\u00e9ment ces r\u00e8gles est la premi\u00e8re \u00e9tape vers une gestion d&#8217;entreprise saine et durable. La cr\u00e9ation d&#8217;une entreprise n&#8217;est pas une simple formalit\u00e9, mais un processus essentiel pour consolider les fondations juridiques.<\/p>\n\n\n\n<p>Le cabinet d&#8217;avocats Monolith poss\u00e8de une vaste exp\u00e9rience dans la gestion de ces questions juridiques complexes lors de la phase de cr\u00e9ation d&#8217;entreprise. Nous avons fourni une large gamme de services juridiques adapt\u00e9s aux situations individuelles de nos clients, y compris des conseils sur les pouvoirs des fondateurs, l&#8217;assistance dans la r\u00e9daction des statuts pour les apports en nature et les contributions en esp\u00e8ces, ainsi que l&#8217;\u00e9tablissement de syst\u00e8mes de conformit\u00e9 pour les versements de capital. Notre cabinet compte plusieurs experts qui, en plus d&#8217;\u00eatre qualifi\u00e9s en tant qu&#8217;avocats au Japon, poss\u00e8dent des qualifications d&#8217;avocats \u00e9trangers et sont anglophones, ce qui nous permet de soutenir les affaires de nos clients avec une perspective internationale. Si vous avez des pr\u00e9occupations ou des questions concernant les th\u00e8mes abord\u00e9s dans cet article, n&#8217;h\u00e9sitez pas \u00e0 consulter notre cabinet.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La cr\u00e9ation d&#8217;une entreprise est la premi\u00e8re \u00e9tape pour lancer une nouvelle activit\u00e9. Un r\u00f4le central dans cette phase cruciale est jou\u00e9 par le &#8220;promoteur&#8221;. 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