{"id":72894,"date":"2025-07-31T20:15:47","date_gmt":"2025-07-31T11:15:47","guid":{"rendered":"https:\/\/monolith.law\/fr\/?p=72894"},"modified":"2025-09-24T23:40:23","modified_gmt":"2025-09-24T14:40:23","slug":"director-duty-judgment-japan","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/monolith.law\/fr\/general-corporate\/director-duty-judgment-japan","title":{"rendered":"Le devoir de diligence des administrateurs et le principe de jugement d&#8217;affaires dans le droit des soci\u00e9t\u00e9s japonais"},"content":{"rendered":"\n<p>Dans la gouvernance d&#8217;entreprise au Japon, les directeurs jouent un r\u00f4le central dans l&#8217;assurance de la croissance et de la durabilit\u00e9 de la soci\u00e9t\u00e9. Ce r\u00f4le s&#8217;accompagne de responsabilit\u00e9s juridiques significatives pour l&#8217;entreprise. Deux concepts sont particuli\u00e8rement importants : le &#8220;devoir de diligence&#8221; et le &#8220;principe de jugement en mati\u00e8re de gestion&#8221;. Ces notions d\u00e9finissent les standards de soin exig\u00e9s des directeurs dans l&#8217;exercice de leurs fonctions et l&#8217;\u00e9tendue de leur responsabilit\u00e9 lorsque leurs d\u00e9cisions sont remises en question a posteriori. La loi sur les soci\u00e9t\u00e9s au Japon impose aux directeurs un haut niveau de devoir de diligence, tout en respectant les d\u00e9cisions de gestion n\u00e9cessaires \u00e0 la prise de risque indispensable \u00e0 l&#8217;entreprise.<\/p>\n\n\n\n<p>Cet article explique le devoir de diligence et le principe de jugement en mati\u00e8re de gestion des directeurs selon la loi sur les soci\u00e9t\u00e9s au Japon, en d\u00e9finissant ces concepts, en \u00e9tablissant leur fondement juridique et en examinant leur application concr\u00e8te dans la jurisprudence japonaise. En s&#8217;appuyant sur les lois japonaises et en analysant des cas r\u00e9els, cet article vise \u00e0 approfondir la compr\u00e9hension de la gouvernance d&#8217;entreprise au Japon.<\/p>\n\n\n\n<div id=\"ez-toc-container\" class=\"ez-toc-v2_0_53 counter-hierarchy ez-toc-counter ez-toc-grey ez-toc-container-direction\">\n<div class=\"ez-toc-title-container\">\n<span class=\"ez-toc-title-toggle\"><\/span><\/div>\n<nav><ul class='ez-toc-list ez-toc-list-level-1 ' ><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-1\" href=\"https:\/\/monolith.law\/fr\/general-corporate\/director-duty-judgment-japan\/#Le_devoir_de_diligence_des_administrateurs_sous_le_droit_des_societes_japonais\" title=\"Le devoir de diligence des administrateurs sous le droit des soci\u00e9t\u00e9s japonais\">Le devoir de diligence des administrateurs sous le droit des soci\u00e9t\u00e9s japonais<\/a><ul class='ez-toc-list-level-3'><li class='ez-toc-heading-level-3'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-2\" href=\"https:\/\/monolith.law\/fr\/general-corporate\/director-duty-judgment-japan\/#Le_devoir_de_diligence_et_de_loyaute_selon_le_droit_des_societes_japonais\" title=\"Le devoir de diligence et de loyaut\u00e9 selon le droit des soci\u00e9t\u00e9s japonais\">Le devoir de diligence et de loyaut\u00e9 selon le droit des soci\u00e9t\u00e9s japonais<\/a><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-3'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-3\" href=\"https:\/\/monolith.law\/fr\/general-corporate\/director-duty-judgment-japan\/#La_responsabilite_des_administrateurs_en_cas_de_violation_du_devoir_de_diligence_en_droit_japonais\" title=\"La responsabilit\u00e9 des administrateurs en cas de violation du devoir de diligence en droit japonais\">La responsabilit\u00e9 des administrateurs en cas de violation du devoir de diligence en droit japonais<\/a><\/li><\/ul><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-4\" href=\"https:\/\/monolith.law\/fr\/general-corporate\/director-duty-judgment-japan\/#Principes_de_jugement_managerial_et_leur_application_sous_le_droit_japonais\" title=\"Principes de jugement manag\u00e9rial et leur application sous le droit japonais\">Principes de jugement manag\u00e9rial et leur application sous le droit japonais<\/a><ul class='ez-toc-list-level-3'><li class='ez-toc-heading-level-3'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-5\" href=\"https:\/\/monolith.law\/fr\/general-corporate\/director-duty-judgment-japan\/#Qu%E2%80%99est-ce_que_les_principes_de_jugement_managerial\" title=\"Qu&#8217;est-ce que les principes de jugement manag\u00e9rial ?\">Qu&#8217;est-ce que les principes de jugement manag\u00e9rial ?<\/a><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-3'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-6\" href=\"https:\/\/monolith.law\/fr\/general-corporate\/director-duty-judgment-japan\/#Les_%C2%AB_principes_de_jugement_managerial_%C2%BB_et_l%E2%80%99attitude_des_tribunaux_japonais\" title=\"Les \u00ab principes de jugement manag\u00e9rial \u00bb et l&#8217;attitude des tribunaux japonais\">Les \u00ab principes de jugement manag\u00e9rial \u00bb et l&#8217;attitude des tribunaux japonais<\/a><\/li><\/ul><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-7\" href=\"https:\/\/monolith.law\/fr\/general-corporate\/director-duty-judgment-japan\/#Le_devoir_de_diligence_et_le_principe_de_jugement_des_affaires_a_travers_les_cas_de_jurisprudence_au_Japon\" title=\"Le devoir de diligence et le principe de jugement des affaires \u00e0 travers les cas de jurisprudence au Japon\">Le devoir de diligence et le principe de jugement des affaires \u00e0 travers les cas de jurisprudence au Japon<\/a><ul class='ez-toc-list-level-3'><li class='ez-toc-heading-level-3'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-8\" href=\"https:\/\/monolith.law\/fr\/general-corporate\/director-duty-judgment-japan\/#Le_Jugement_de_l%E2%80%99Affaire_Sunrise_au_Japon_Tribunal_de_district_de_Tokyo_27_septembre_1993_Heisei_5\" title=\"Le Jugement de l&#8217;Affaire Sunrise au Japon (Tribunal de district de Tokyo, 27 septembre 1993 (Heisei 5))\">Le Jugement de l&#8217;Affaire Sunrise au Japon (Tribunal de district de Tokyo, 27 septembre 1993 (Heisei 5))<\/a><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-3'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-9\" href=\"https:\/\/monolith.law\/fr\/general-corporate\/director-duty-judgment-japan\/#Jugement_relatif_a_l%E2%80%99affaire_de_la_disparition_des_actifs_de_pension_geres_par_AIJ_Investment_Advisors_Tribunal_de_district_de_Tokyo_14_juillet_2016_2016\" title=\"Jugement relatif \u00e0 l&#8217;affaire de la disparition des actifs de pension g\u00e9r\u00e9s par AIJ Investment Advisors (Tribunal de district de Tokyo, 14 juillet 2016 (2016))\">Jugement relatif \u00e0 l&#8217;affaire de la disparition des actifs de pension g\u00e9r\u00e9s par AIJ Investment Advisors (Tribunal de district de Tokyo, 14 juillet 2016 (2016))<\/a><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-3'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-10\" href=\"https:\/\/monolith.law\/fr\/general-corporate\/director-duty-judgment-japan\/#La_jurisprudence_revele_la_logique_des_tribunaux_japonais\" title=\"La jurisprudence r\u00e9v\u00e8le la logique des tribunaux japonais\">La jurisprudence r\u00e9v\u00e8le la logique des tribunaux japonais<\/a><\/li><\/ul><\/li><li class='ez-toc-page-1 ez-toc-heading-level-2'><a class=\"ez-toc-link ez-toc-heading-11\" href=\"https:\/\/monolith.law\/fr\/general-corporate\/director-duty-judgment-japan\/#Resume\" title=\"R\u00e9sum\u00e9\">R\u00e9sum\u00e9<\/a><\/li><\/ul><\/nav><\/div>\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Le_devoir_de_diligence_des_administrateurs_sous_le_droit_des_societes_japonais\"><\/span>Le devoir de diligence des administrateurs sous le droit des soci\u00e9t\u00e9s japonais<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Le_devoir_de_diligence_et_de_loyaute_selon_le_droit_des_societes_japonais\"><\/span>Le devoir de diligence et de loyaut\u00e9 selon le droit des soci\u00e9t\u00e9s japonais<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h3>\n\n\n\n<p>Les directeurs d&#8217;une soci\u00e9t\u00e9 sont investis de leurs fonctions par celle-ci et, de ce fait, ils sont tenus \u00e0 un \u00ab devoir de diligence et de loyaut\u00e9 \u00bb envers l&#8217;entreprise. Ce devoir correspond \u00e0 la diligence qu&#8217;une personne de leur statut social est g\u00e9n\u00e9ralement tenue d&#8217;exercer. L&#8217;article 330 du droit des soci\u00e9t\u00e9s japonais stipule que \u00ab les relations entre une soci\u00e9t\u00e9 par actions, ses dirigeants et ses commissaires aux comptes sont r\u00e9gies par les dispositions relatives au mandat \u00bb, appliquant ainsi le devoir de diligence d\u00e9fini \u00e0 l&#8217;article 644 du Code civil japonais aux directeurs. L&#8217;article 644 du Code civil japonais dispose que \u00ab le mandataire doit g\u00e9rer les affaires qui lui sont confi\u00e9es avec toute la diligence d&#8217;un bon gestionnaire \u00bb. Cela signifie que les directeurs doivent utiliser au mieux leurs connaissances et leur exp\u00e9rience pour prot\u00e9ger au maximum les int\u00e9r\u00eats de la soci\u00e9t\u00e9 (et des actionnaires), ce qui constitue un devoir de tr\u00e8s haut niveau. &nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Le devoir de diligence selon le droit des soci\u00e9t\u00e9s japonais exige des directeurs qu&#8217;ils respectent le haut standard de \u00ab diligence d&#8217;un bon gestionnaire \u00bb bas\u00e9 sur le contrat de mandat du droit civil japonais. Ce standard signifie que les directeurs ne doivent pas seulement \u00e9viter la n\u00e9gligence, mais aussi utiliser pleinement leurs connaissances et leur exp\u00e9rience professionnelles pour agir activement dans l&#8217;int\u00e9r\u00eat de la soci\u00e9t\u00e9, incarnant ainsi un \u00ab devoir de diligence professionnel \u00bb. Cette obligation \u00e9lev\u00e9e est extr\u00eamement importante pour comprendre la gravit\u00e9 de la responsabilit\u00e9 individuelle dans la gouvernance d&#8217;entreprise au Japon. Les directeurs ne peuvent pas se d\u00e9douaner en pr\u00e9tendant simplement \u00ab ne pas savoir \u00bb ; ils ont la responsabilit\u00e9 de collecter activement des informations, de les analyser et de prendre des d\u00e9cisions, comme le montre la nature de ce devoir.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c9troitement li\u00e9 au devoir de diligence est le \u00ab devoir de loyaut\u00e9 \u00bb. L&#8217;article 355 du droit des soci\u00e9t\u00e9s japonais \u00e9nonce que \u00ab les directeurs doivent respecter les lois, les statuts ainsi que les r\u00e9solutions de l&#8217;assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale des actionnaires et exercer leurs fonctions avec loyaut\u00e9 pour le compte de la soci\u00e9t\u00e9 par actions \u00bb. Le devoir de loyaut\u00e9 exige que les directeurs privil\u00e9gient les int\u00e9r\u00eats de la soci\u00e9t\u00e9 et n&#8217;utilisent pas de mani\u00e8re inappropri\u00e9e les connaissances ou les ressources de l&#8217;entreprise pour leur propre b\u00e9n\u00e9fice ou celui de tiers. La Cour supr\u00eame du Japon a jug\u00e9 que le devoir de loyaut\u00e9 clarifie et \u00e9tend le devoir de diligence et n&#8217;est pas \u00ab un devoir distinct et plus \u00e9lev\u00e9 \u00bb que le devoir de diligence habituellement associ\u00e9 \u00e0 un mandat (arr\u00eat de la Cour supr\u00eame du 24 juin 1970 (1970), volume 24, num\u00e9ro 6, page 625). Cette interpr\u00e9tation sugg\u00e8re que, dans la pratique, les directeurs ne doivent pas consid\u00e9rer ces deux devoirs s\u00e9par\u00e9ment, mais agir fid\u00e8lement dans le cadre global du devoir de diligence. Le fait que la Cour supr\u00eame du Japon ait positionn\u00e9 le devoir de loyaut\u00e9 comme une clarification du devoir de diligence, et non comme un devoir distinct et plus \u00e9lev\u00e9, signifie que les directeurs n&#8217;ont pas besoin de faire un ajustement complexe entre deux obligations diff\u00e9rentes. Cette approche int\u00e9gr\u00e9e offre un code de conduite plus clair et unifi\u00e9 pour les directeurs agissant dans le meilleur int\u00e9r\u00eat de la soci\u00e9t\u00e9, am\u00e9liorant ainsi la pr\u00e9visibilit\u00e9 de la conformit\u00e9 l\u00e9gale.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"La_responsabilite_des_administrateurs_en_cas_de_violation_du_devoir_de_diligence_en_droit_japonais\"><\/span>La responsabilit\u00e9 des administrateurs en cas de violation du devoir de diligence en droit japonais<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h3>\n\n\n\n<p>En cas de violation du devoir de diligence, un administrateur peut \u00eatre tenu responsable de diverses mani\u00e8res. La plus directe est la responsabilit\u00e9 envers la soci\u00e9t\u00e9 pour les dommages caus\u00e9s, connue sous le nom de &#8220;responsabilit\u00e9 pour n\u00e9gligence dans l&#8217;exercice de ses fonctions&#8221;. L&#8217;article 423, paragraphe 1, de la loi japonaise sur les soci\u00e9t\u00e9s (\u4f1a\u793e\u6cd5) stipule clairement que &#8220;les administrateurs, les comptables, les auditeurs, les directeurs ex\u00e9cutifs ou les auditeurs comptables (ci-apr\u00e8s d\u00e9nomm\u00e9s &#8216;officiers, etc.&#8217; dans ce chapitre) sont responsables envers la soci\u00e9t\u00e9 par actions pour les dommages r\u00e9sultant de la n\u00e9gligence dans l&#8217;exercice de leurs fonctions&#8221;. Cette disposition s&#8217;applique lorsque les administrateurs manquent \u00e0 leur devoir de diligence et causent ainsi un pr\u00e9judice \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9. L&#8217;\u00e9tendue des dommages et int\u00e9r\u00eats est limit\u00e9e aux dommages ayant un &#8220;lien de causalit\u00e9 ad\u00e9quat&#8221; avec l&#8217;acte de violation du devoir.<\/p>\n\n\n\n<p>De plus, si la violation du devoir de diligence r\u00e9sulte de la malveillance ou de la n\u00e9gligence grave de l&#8217;administrateur, il peut \u00e9galement \u00eatre tenu responsable des dommages caus\u00e9s \u00e0 des tiers. L&#8217;article 429, paragraphe 1, de la loi japonaise sur les soci\u00e9t\u00e9s dispose que &#8220;lorsque les officiers, etc. agissent avec malveillance ou n\u00e9gligence grave dans l&#8217;exercice de leurs fonctions, ils sont responsables des dommages caus\u00e9s \u00e0 des tiers&#8221;. Cette disposition est interpr\u00e9t\u00e9e comme une responsabilit\u00e9 l\u00e9gale sp\u00e9ciale \u00e9tablie par consid\u00e9ration politique pour pr\u00e9venir les dommages impr\u00e9vus subis par des tiers lorsque la soci\u00e9t\u00e9 n&#8217;a pas les moyens financiers. Le fait que la violation du devoir de diligence puisse entra\u00eener une responsabilit\u00e9 pour n\u00e9gligence envers la soci\u00e9t\u00e9, une responsabilit\u00e9 envers des tiers en cas de malveillance ou de n\u00e9gligence grave, et m\u00eame la possibilit\u00e9 de r\u00e9vocation, indique que le risque juridique personnel pour les administrateurs est extr\u00eamement \u00e9lev\u00e9. Ce risque \u00e9lev\u00e9 souligne l&#8217;importance d&#8217;une diligence raisonnable approfondie, de la transparence du processus d\u00e9cisionnel et de la tenue de registres appropri\u00e9s lors de la prise de d\u00e9cisions de gestion. M\u00eame si les r\u00e9sultats ne sont pas satisfaisants, la pr\u00e9sence de preuves d&#8217;un processus appropri\u00e9 peut permettre d&#8217;\u00e9viter la responsabilit\u00e9, ce qui rend la documentation claire du processus et des fondements de la prise de d\u00e9cision extr\u00eamement importante pour la d\u00e9fense personnelle des administrateurs.<\/p>\n\n\n\n<p>En outre, un administrateur qui viole le devoir de diligence peut \u00e9galement \u00eatre r\u00e9voqu\u00e9 de son poste par une r\u00e9solution de l&#8217;assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale des actionnaires. L&#8217;article 339, paragraphe 1, de la loi japonaise sur les soci\u00e9t\u00e9s stipule que &#8220;les officiers et les auditeurs comptables peuvent \u00eatre r\u00e9voqu\u00e9s \u00e0 tout moment par une r\u00e9solution de l&#8217;assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale des actionnaires&#8221;, et l&#8217;article 341 de la m\u00eame loi d\u00e9finit les exigences pour une telle r\u00e9solution de r\u00e9vocation.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Principes_de_jugement_managerial_et_leur_application_sous_le_droit_japonais\"><\/span>Principes de jugement manag\u00e9rial et leur application sous le droit japonais<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Qu%E2%80%99est-ce_que_les_principes_de_jugement_managerial\"><\/span>Qu&#8217;est-ce que les principes de jugement manag\u00e9rial ?<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h3>\n\n\n\n<p>La gestion d&#8217;entreprise implique une succession de d\u00e9cisions marqu\u00e9es par l&#8217;incertitude et le risque. Les directeurs, mandat\u00e9s par les actionnaires, exercent un large pouvoir discr\u00e9tionnaire et doivent prendre des d\u00e9cisions risqu\u00e9es telles que l&#8217;entr\u00e9e dans de nouvelles activit\u00e9s ou les fusions et acquisitions. Cependant, si ces d\u00e9cisions entra\u00eenent finalement des pertes pour l&#8217;entreprise, la responsabilit\u00e9 du directeur pour violation de son devoir de diligence peut \u00eatre mise en cause. C&#8217;est ici qu&#8217;interviennent les \u00ab principes de jugement manag\u00e9rial \u00bb, qui servent de crit\u00e8re pour \u00e9valuer la responsabilit\u00e9 l\u00e9gale des d\u00e9cisions manag\u00e9riales prises dans de telles circonstances.<\/p>\n\n\n\n<p>Les principes de jugement manag\u00e9rial stipulent qu&#8217;\u00e0 moins qu&#8217;il n&#8217;y ait une erreur flagrante dans la reconnaissance des faits qui sous-tendent la d\u00e9cision ou que le contenu de la d\u00e9cision ne soit extr\u00eamement irrationnel, il ne convient pas de reconna\u00eetre une violation du devoir de diligence ou du devoir de loyaut\u00e9. L&#8217;objectif de ces principes est de permettre aux gestionnaires de se consacrer \u00e0 la prise de risques pour l&#8217;am\u00e9lioration de la valeur de l&#8217;entreprise sans crainte de r\u00e9percussions.<\/p>\n\n\n\n<p>Les principes de jugement manag\u00e9rial visent \u00e0 respecter le pouvoir discr\u00e9tionnaire des directeurs pour leur permettre de prendre des d\u00e9cisions manag\u00e9riales risqu\u00e9es sans crainte. Cependant, la Cour supr\u00eame du Japon maintient une attitude prudente en soutenant explicitement ces principes comme une formule juridique. Cette situation sugg\u00e8re que les directeurs ne devraient pas consid\u00e9rer les principes de jugement manag\u00e9rial comme une \u00ab absolution universelle \u00bb. Au contraire, m\u00eame si les r\u00e9sultats ne sont pas satisfaisants, les directeurs doivent prouver concr\u00e8tement que le processus et le contenu de leur prise de d\u00e9cision \u00e9taient raisonnables. Ces principes ne fonctionnent comme une mesure de d\u00e9fense qu&#8217;avec une diligence raisonnable stricte et un processus de prise de d\u00e9cision transparent. Cela ne signifie pas que les directeurs sont compl\u00e8tement exon\u00e9r\u00e9s de la \u00ab responsabilit\u00e9 des r\u00e9sultats \u00bb, mais plut\u00f4t qu&#8217;ils peuvent \u00eatre strictement tenus responsables du \u00ab processus \u00bb. Par cons\u00e9quent, il est extr\u00eamement important pour les directeurs de conserver des preuves de la collecte d&#8217;informations, de l&#8217;analyse, des consultations avec des experts et des discussions au sein du conseil d&#8217;administration lors du processus de prise de d\u00e9cision.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Les_%C2%AB_principes_de_jugement_managerial_%C2%BB_et_l%E2%80%99attitude_des_tribunaux_japonais\"><\/span>Les \u00ab principes de jugement manag\u00e9rial \u00bb et l&#8217;attitude des tribunaux japonais<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h3>\n\n\n\n<p>L&#8217;application des principes de jugement manag\u00e9rial montre que les juridictions inf\u00e9rieures au Japon distinguent entre le \u00ab processus de d\u00e9cision \u00bb (aspect proc\u00e9dural) et le \u00ab contenu de la d\u00e9cision \u00bb (aspect substantiel), en appliquant des normes d&#8217;examen strictes, en particulier sur l&#8217;aspect proc\u00e9dural. Cela sugg\u00e8re que le \u00ab processus \u00bb de prise de d\u00e9cision est aussi important, sinon plus, que les \u00ab r\u00e9sultats \u00bb pour les directeurs. Cela signifie que lorsqu&#8217;ils prennent des d\u00e9cisions manag\u00e9riales, les directeurs doivent s&#8217;assurer de la collecte approfondie d&#8217;informations, de l&#8217;\u00e9coute des opinions des experts, de l&#8217;\u00e9valuation des risques et de la documentation ad\u00e9quate de tous ces processus, car cela peut constituer une d\u00e9fense solide contre d&#8217;\u00e9ventuelles responsabilit\u00e9s futures. Les tribunaux accordent de l&#8217;importance au processus de collecte d&#8217;informations et aux proc\u00e9dures menant \u00e0 la d\u00e9cision lorsqu&#8217;ils \u00e9valuent la rationalit\u00e9 de la d\u00e9cision d&#8217;un directeur. Par cons\u00e9quent, les directeurs doivent clarifier le \u00ab pourquoi \u00bb et le \u00ab comment \u00bb de leurs d\u00e9cisions et conserver des preuves de cela, ind\u00e9pendamment du succ\u00e8s ou de l&#8217;\u00e9chec des r\u00e9sultats, pour \u00e9viter d&#8217;\u00eatre tenus responsables.<\/p>\n\n\n\n<p>L&#8217;attitude de la Cour supr\u00eame du Japon est prudente envers les principes de jugement manag\u00e9rial et ne montre pas un soutien actif. La Cour supr\u00eame tend \u00e0 rendre des d\u00e9cisions de cas individuels \u00e9valuant la rationalit\u00e9 des d\u00e9cisions sans utiliser explicitement le terme \u00ab principes de jugement manag\u00e9rial \u00bb. Cela pourrait \u00eatre d\u00fb \u00e0 l&#8217;exp\u00e9rience pass\u00e9e o\u00f9 les principes de jugement manag\u00e9rial ont \u00e9t\u00e9 abusivement utilis\u00e9s comme un \u00ab sauf-conduit \u00bb pour \u00e9chapper \u00e0 la responsabilit\u00e9 des directeurs (affaire de la compensation des pertes de Nomura Securities). Cette position de la Cour supr\u00eame sugg\u00e8re l&#8217;importance pour les directeurs de toujours \u00eatre pr\u00eats \u00e0 expliquer que leurs d\u00e9cisions \u00e9taient objectivement raisonnables. La prudence de la Cour supr\u00eame du Japon concernant les principes de jugement manag\u00e9rial et la discussion continue sur le cadre de jugement dans les juridictions inf\u00e9rieures sugg\u00e8rent que cette th\u00e9orie juridique est encore en d\u00e9veloppement et que son interpr\u00e9tation pourrait changer \u00e0 l&#8217;avenir. Cette situation dynamique signifie qu&#8217;il est n\u00e9cessaire de rester constamment attentif aux tendances des d\u00e9cisions de justice et des th\u00e9ories acad\u00e9miques et d&#8217;adapter en cons\u00e9quence les pratiques de gouvernance d&#8217;entreprise.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Le_devoir_de_diligence_et_le_principe_de_jugement_des_affaires_a_travers_les_cas_de_jurisprudence_au_Japon\"><\/span>Le devoir de diligence et le principe de jugement des affaires \u00e0 travers les cas de jurisprudence au Japon<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n\n\n\n<p>Pour comprendre comment le devoir de diligence et le principe de jugement des affaires sont appliqu\u00e9s dans les proc\u00e8s r\u00e9els, il est essentiel d&#8217;examiner des cas de jurisprudence concrets. Nous vous pr\u00e9sentons ici deux cas particuli\u00e8rement importants.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Le_Jugement_de_l%E2%80%99Affaire_Sunrise_au_Japon_Tribunal_de_district_de_Tokyo_27_septembre_1993_Heisei_5\"><\/span>Le Jugement de l&#8217;Affaire Sunrise au Japon (Tribunal de district de Tokyo, 27 septembre 1993 (Heisei 5))<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h3>\n\n\n\n<p>La soci\u00e9t\u00e9 A, une petite entreprise sp\u00e9cialis\u00e9e dans la location de b\u00e2timents, cherchait \u00e0 \u00e9liminer ses d\u00e9ficits. Pour ce faire, le directeur repr\u00e9sentatif Y1 a d\u00e9cid\u00e9 de se lancer dans l&#8217;investissement en actions (trading sur marge), tr\u00e8s en vogue \u00e0 l&#8217;\u00e9poque, en contractant d&#8217;importants emprunts. Apr\u00e8s avoir ajout\u00e9 la n\u00e9gociation de valeurs mobili\u00e8res \u00e0 ses statuts, la soci\u00e9t\u00e9 a initialement r\u00e9alis\u00e9 des profits, mais suite \u00e0 un krach boursier, elle a subi des pertes colossales repr\u00e9sentant 70% de l&#8217;investissement. L&#8217;actionnaire X a intent\u00e9 une action en responsabilit\u00e9 pour le compte de la soci\u00e9t\u00e9 contre le directeur repr\u00e9sentatif Y1 et les directeurs Y2 et Y3, qui avaient n\u00e9glig\u00e9 leur devoir de surveillance.<\/p>\n\n\n\n<p>Le Tribunal de district de Tokyo a reconnu la violation du devoir de diligence de Y1 et a accueilli la demande. Le jugement a soulign\u00e9 que Y1 aurait pu pr\u00e9voir les pertes et la crise de gestion r\u00e9sultant des fluctuations des cours des actions, mais qu&#8217;il a n\u00e9glig\u00e9 cette possibilit\u00e9 et a engag\u00e9 des sommes importantes, mettant en p\u00e9ril la survie de l&#8217;entreprise. En particulier, il a \u00e9t\u00e9 jug\u00e9 que pour une nouvelle activit\u00e9 commerciale, si elle pr\u00e9sente un risque de pertes irr\u00e9cup\u00e9rables compte tenu de la taille de l&#8217;entreprise, de la nature de l&#8217;activit\u00e9 et du montant des b\u00e9n\u00e9fices d&#8217;exploitation, et que ce risque est pr\u00e9visible, il existe un devoir de diligence pour \u00e9viter cette nouvelle activit\u00e9. De plus, le tribunal a jug\u00e9 qu&#8217;il n&#8217;y avait pas de n\u00e9cessit\u00e9 pour la soci\u00e9t\u00e9 A d&#8217;entreprendre un tel investissement en actions. En outre, les directeurs Y2 et Y3 ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 jug\u00e9s coupables de violation de leur devoir de surveillance des actions de Y1.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce jugement, tout en reconnaissant que la gestion d&#8217;entreprise comporte des risques, montre une attitude stricte dans l&#8217;\u00e9valuation de la responsabilit\u00e9 des actions des directeurs. Il est particuli\u00e8rement remarquable que le tribunal ait distingu\u00e9 entre le processus menant \u00e0 la d\u00e9cision (aspect proc\u00e9dural) et le contenu de la d\u00e9cision (aspect d\u00e9cisionnel) lors de l&#8217;examen de l&#8217;application du principe de jugement manag\u00e9rial. En s\u00e9parant l&#8217;aspect proc\u00e9dural, qui comprend l&#8217;enqu\u00eate pr\u00e9alable et post\u00e9rieure \u00e0 l&#8217;investissement et l&#8217;\u00e9quilibre avec les ressources et la taille de l&#8217;entreprise, de l&#8217;aspect d\u00e9cisionnel, qui concerne la n\u00e9cessit\u00e9 de l&#8217;investissement en actions, ce jugement innovant a clairement adopt\u00e9 cette m\u00e9thode. Cela a clairement \u00e9tabli que lorsqu&#8217;un directeur prend une d\u00e9cision manag\u00e9riale comportant des risques, le processus de cette d\u00e9cision sera rigoureusement examin\u00e9. Ce jugement envoie un signal clair que les tribunaux, lorsqu&#8217;ils \u00e9valuent les d\u00e9cisions manag\u00e9riales des directeurs, accordent de l&#8217;importance non seulement au succ\u00e8s ou \u00e0 l&#8217;\u00e9chec du r\u00e9sultat, mais aussi \u00e0 la mani\u00e8re dont la d\u00e9cision a \u00e9t\u00e9 prise, sur la base de quelles informations et apr\u00e8s quelle consid\u00e9ration. Cette approche ax\u00e9e sur le processus souligne l&#8217;importance, dans la pratique, de tenir des proc\u00e8s-verbaux d\u00e9taill\u00e9s et de documenter les informations pertinentes pour prouver qu&#8217;un processus appropri\u00e9 a \u00e9t\u00e9 suivi, en cas de responsabilit\u00e9 future des directeurs.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Jugement_relatif_a_l%E2%80%99affaire_de_la_disparition_des_actifs_de_pension_geres_par_AIJ_Investment_Advisors_Tribunal_de_district_de_Tokyo_14_juillet_2016_2016\"><\/span>Jugement relatif \u00e0 l&#8217;affaire de la disparition des actifs de pension g\u00e9r\u00e9s par AIJ Investment Advisors (Tribunal de district de Tokyo, 14 juillet 2016 (2016))<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h3>\n\n\n\n<p>La soci\u00e9t\u00e9 A, sp\u00e9cialis\u00e9e dans la vente de titres, a vu son directeur g\u00e9n\u00e9ral b conspirer avec d, directeur g\u00e9n\u00e9ral de la soci\u00e9t\u00e9 C, pour mener des activit\u00e9s de vente en utilisant une valeur nette d&#8217;actifs (NAV) fictive pour un fonds g\u00e9rant des actifs de pension. Cette fraude a entra\u00een\u00e9 des pertes consid\u00e9rables pour le fonds. Les fonds de pension ayant achet\u00e9 dans ce fonds ont intent\u00e9 une action en dommages-int\u00e9r\u00eats contre le directeur externe Y1 et l&#8217;auditeur interne Y2 de la soci\u00e9t\u00e9 A, les accusant de n\u00e9gligence dans leur devoir de surveillance et d&#8217;audit des actes ill\u00e9gaux du directeur g\u00e9n\u00e9ral.<\/p>\n\n\n\n<p>Le Tribunal de district de Tokyo n&#8217;a pas reconnu la violation du devoir de surveillance et d&#8217;audit par le directeur externe Y1 et l&#8217;auditeur interne Y2. Le tribunal a statu\u00e9 que le devoir de surveillance des directeurs est bas\u00e9 sur la n\u00e9gligence et que la responsabilit\u00e9 n&#8217;est affirm\u00e9e que s&#8217;il existe des circonstances permettant de d\u00e9couvrir une ex\u00e9cution ill\u00e9gale des op\u00e9rations et que les directeurs auraient pu \u00eatre au courant de ces circonstances. Dans cette affaire, le tribunal a examin\u00e9 en d\u00e9tail les faits concrets concernant divers points soulev\u00e9s par les plaignants comme circonstances devant susciter des doutes chez les directeurs, tels que les performances du fonds, les articles de revues sp\u00e9cialis\u00e9es, les demandes de r\u00e9siliation et les projets de financement. En cons\u00e9quence, le tribunal a jug\u00e9 que ces circonstances ne suffisaient pas \u00e0 prouver que Y1 et Y2 avaient connaissance ou auraient d\u00fb avoir des doutes sur les activit\u00e9s de vente utilisant une NAV fictive.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce jugement est important car il montre que le devoir de surveillance et d&#8217;audit des directeurs, en particulier des directeurs externes et des auditeurs, n&#8217;est pas illimit\u00e9. Les directeurs sont tenus de remplir leur devoir de diligence sur la base des informations raisonnablement accessibles, mais ils ne sont pas tenus de pr\u00e9voir ou de d\u00e9couvrir toutes les malversations. Cette limite clarifie qu&#8217;il ne faut pas rendre la responsabilit\u00e9 des directeurs excessivement stricte, au risque de d\u00e9courager les talents de devenir directeurs par crainte de cette responsabilit\u00e9, ce qui est conforme \u00e0 l&#8217;esprit du principe de jugement manag\u00e9rial. Ce jugement signifie que les d\u00e9cisions sont prises sur la base des informations \u00ab raisonnablement accessibles \u00bb aux directeurs, plut\u00f4t que de supposer qu&#8217;ils sont au courant de toutes les informations. Alors que les directeurs peuvent \u00e9chapper \u00e0 la responsabilit\u00e9 en invoquant un manque d&#8217;information, ce jugement sugg\u00e8re indirectement que les entreprises ont la responsabilit\u00e9 de construire un syst\u00e8me de contr\u00f4le interne solide qui transmet toutes les informations importantes (en particulier les signes de risque ou de fraude) de mani\u00e8re appropri\u00e9e et en temps utile, sans dissimulation, afin que les directeurs puissent remplir correctement leurs devoirs.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"La_jurisprudence_revele_la_logique_des_tribunaux_japonais\"><\/span>La jurisprudence r\u00e9v\u00e8le la logique des tribunaux japonais<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h3>\n\n\n\n<p>Le jugement de l&#8217;affaire Japan Sunrise au Japon a s\u00e9v\u00e8rement reconnu la violation du devoir de diligence des administrateurs face \u00e0 des pertes \u00e9normes dues \u00e0 des investissements sp\u00e9culatifs en actions. Ce jugement a mis l&#8217;accent sur la pr\u00e9visibilit\u00e9 des risques \u00e0 la lumi\u00e8re de la taille de l&#8217;entreprise et de la nature de ses activit\u00e9s, ainsi que sur l&#8217;absence de \u00ab n\u00e9cessit\u00e9 \u00bb de mener ces activit\u00e9s. En contraste, le jugement relatif \u00e0 l&#8217;affaire de la disparition des actifs de pension g\u00e9r\u00e9s par AIJ Investment Advisors a ni\u00e9 la violation du devoir de surveillance des administrateurs externes et des auditeurs. Ce jugement a soulign\u00e9 que le devoir des administrateurs est limit\u00e9 aux situations qui pouvaient \u00eatre \u00ab raisonnablement d\u00e9couvertes \u00bb, et a d\u00e9cid\u00e9 qu&#8217;il n&#8217;y avait pas d&#8217;obligation de pr\u00e9voir toutes les fraudes. Ces deux d\u00e9cisions illustrent l&#8217;approche \u00e9quilibr\u00e9e des tribunaux japonais, o\u00f9 le devoir de diligence est une obligation \u00e9lev\u00e9e, mais la pr\u00e9sence ou l&#8217;absence de violation est jug\u00e9e sur la base de la \u00ab rationalit\u00e9 \u00bb et de la \u00ab pr\u00e9visibilit\u00e9 \u00bb dans des circonstances concr\u00e8tes. Dans l&#8217;affaire Japan Sunrise, les administrateurs ont \u00e9t\u00e9 s\u00e9v\u00e8rement critiqu\u00e9s pour avoir n\u00e9glig\u00e9 les risques \u00ab malgr\u00e9 la pr\u00e9visibilit\u00e9 \u00bb et pour avoir men\u00e9 des activit\u00e9s sans une \u00ab n\u00e9cessit\u00e9 justifiable \u00bb, reconnaissant ainsi leur responsabilit\u00e9. Cela envoie un message fort que les administrateurs doivent activement \u00e9viter les risques et donner la priorit\u00e9 \u00e0 la p\u00e9rennit\u00e9 de l&#8217;entreprise. D&#8217;autre part, dans l&#8217;affaire AIJ, les administrateurs externes et les auditeurs ont \u00e9t\u00e9 jug\u00e9s selon le crit\u00e8re de savoir s&#8217;ils \u00ab avaient connaissance ou auraient d\u00fb avoir connaissance des circonstances, ou du moins auraient d\u00fb en soup\u00e7onner l&#8217;existence \u00bb, et finalement, il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9 qu&#8217;il n&#8217;y avait pas de circonstances qu&#8217;ils auraient d\u00fb d\u00e9couvrir ou suspecter, niant ainsi leur responsabilit\u00e9. Cela montre que le devoir des administrateurs n&#8217;est pas illimit\u00e9 et est bas\u00e9 sur la collecte et l&#8217;\u00e9valuation d&#8217;informations dans un cadre raisonnable. Cette comparaison indique clairement que la responsabilit\u00e9 des administrateurs est jug\u00e9e non pas sur la base de la responsabilit\u00e9 du r\u00e9sultat, mais sur la \u00ab rationalit\u00e9 \u00bb et la \u00ab pr\u00e9visibilit\u00e9 \u00bb des actions dans des circonstances individuelles, ce qui est un crit\u00e8re de jugement pratique des tribunaux japonais.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><span class=\"ez-toc-section\" id=\"Resume\"><\/span>R\u00e9sum\u00e9<span class=\"ez-toc-section-end\"><\/span><\/h2>\n\n\n\n<p>Le devoir de diligence et le principe de jugement d&#8217;affaires dans le droit des soci\u00e9t\u00e9s japonais sont deux concepts essentiels dans la gouvernance d&#8217;entreprise moderne au Japon. Le devoir de diligence exige des directeurs qu&#8217;ils agissent avec le niveau de soin \u00e9lev\u00e9 d&#8217;un \u00ab bon gestionnaire \u00bb pour le compte de la soci\u00e9t\u00e9, et sa violation peut entra\u00eener de graves responsabilit\u00e9s l\u00e9gales envers la soci\u00e9t\u00e9 ou des tiers. D&#8217;autre part, le principe de jugement d&#8217;affaires respecte le pouvoir discr\u00e9tionnaire des directeurs pour leur permettre de prendre des d\u00e9cisions innovantes sans crainte des risques. Les tribunaux japonais tendent \u00e0 \u00e9quilibrer ces deux principes en mettant l&#8217;accent sur la rationalit\u00e9 et la prudence du \u00ab processus \u00bb de prise de d\u00e9cision. Le jugement de l&#8217;affaire Japan Sunlight illustre une \u00e9valuation rigoureuse du processus de d\u00e9cision et de la n\u00e9cessit\u00e9 des directeurs, tandis que le jugement relatif \u00e0 la disparition des actifs de pension g\u00e9r\u00e9s par AIJ Investment Advisors a fourni des directives concr\u00e8tes en limitant la port\u00e9e du devoir de surveillance \u00e0 la possibilit\u00e9 de connaissance raisonnable.<\/p>\n\n\n\n<p>Comprendre profond\u00e9ment ces principes et les respecter ad\u00e9quatement est d&#8217;une importance capitale pour les entreprises et les individus op\u00e9rant au Japon. Le syst\u00e8me juridique japonais est complexe, et son interpr\u00e9tation ainsi que son application peuvent varier consid\u00e9rablement en fonction des cas individuels et des d\u00e9cisions des tribunaux. Le cabinet Monolith Law Office poss\u00e8de une vaste exp\u00e9rience dans le domaine du droit des affaires japonais et a soutenu de nombreux clients concernant la responsabilit\u00e9 des directeurs et la gouvernance d&#8217;entreprise, en particulier sur les th\u00e8mes abord\u00e9s ici. Notre cabinet compte plusieurs membres qui sont des avocats qualifi\u00e9s \u00e0 l&#8217;\u00e9tranger et qui parlent anglais, capables de comprendre la r\u00e9glementation juridique complexe du Japon depuis une perspective internationale et de fournir des conseils pratiques. Si vous avez des questions sur le droit des soci\u00e9t\u00e9s japonais ou si vous souhaitez discuter de gouvernance d&#8217;entreprise ou de la responsabilit\u00e9 des directeurs, n&#8217;h\u00e9sitez pas \u00e0 contacter Monolith Law Office. Nous sommes d\u00e9termin\u00e9s \u00e0 soutenir vos activit\u00e9s commerciales au Japon avec notre expertise sp\u00e9cialis\u00e9e.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Dans la gouvernance d&#8217;entreprise au Japon, les directeurs jouent un r\u00f4le central dans l&#8217;assurance de la croissance et de la durabilit\u00e9 de la soci\u00e9t\u00e9. 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