Application de la loi sur le règlement des fonds et réponses pratiques dans les jeux mobiles

Obligations légales des opérateurs et procédures spécifiques
Lorsque la monnaie virtuelle ou les objets dans un jeu sont considérés comme des moyens de paiement prépayés selon la loi japonaise sur le règlement des fonds, les opérateurs se voient attribuer d’importantes obligations légales.
Si le solde inutilisé des moyens de paiement prépayés émis dépasse le montant de référence (actuellement 10 millions de yens), il est nécessaire de soumettre, dans les deux mois suivant la date de référence où ce fait est constaté (le 31 mars et le 30 septembre de chaque année), un formulaire de déclaration d’émission et les documents annexes au directeur du bureau des finances compétent, selon le format prescrit (article 5, paragraphes 1 et 2 de la loi japonaise sur le règlement des fonds).
Cette obligation de déclaration revêt la nature d’un rapport aux autorités de surveillance lorsque l’activité atteint une certaine envergure.
De plus, si le solde inutilisé dépasse le montant de référence à la date de référence, il est requis de sécuriser une somme équivalente à au moins la moitié de ce solde inutilisé, par des méthodes telles que le dépôt auprès du bureau de consignation compétent pour le principal établissement ou bureau (article 14, paragraphe 1 de la loi japonaise sur le règlement des fonds, décret d’application de la même loi, article 6).
Cette obligation de dépôt est mise en place pour protéger les utilisateurs, en tant que système visant à préserver la valeur des montants non utilisés.
Moyens de paiement prépayés dans l’industrie du jeu
Le contexte dans lequel ces réglementations juridiques deviennent importantes réside dans le modèle économique spécifique à l’industrie des jeux mobiles.
Ces dernières années, le modèle dominant dans l’industrie consiste à offrir le jeu principal gratuitement et à adopter un système de microtransactions comme source de revenus.
Dans ce modèle, les joueurs achètent avec de l’argent réel une monnaie virtuelle spécifique au jeu, appelée cristaux, gemmes ou orbes, qu’ils utilisent ensuite pour obtenir des personnages ou des objets via un système de gacha, ou pour acheter divers objets utilisables dans le jeu.
Lors de la mise en œuvre de ce type de système de microtransactions, il est nécessaire d’examiner attentivement si la monnaie virtuelle spécifique au jeu proposée et les objets pouvant être achetés avec celle-ci correspondent aux “moyens de paiement prépayés” selon la loi japonaise sur le règlement des fonds (資金決済法, 2010).
Si tel est le cas, il est requis de mettre en place des procédures appropriées et un système de gestion conforme aux lois et règlements en vigueur.
L’importance de l’évaluation de la conformité des moyens de paiement prépayés
Les moyens de paiement prépayés selon la loi japonaise sur le règlement des fonds (2010) sont définis par des critères clairs.
Premièrement, il est requis que le montant ou la quantité de biens et services soit inscrit ou enregistré.
Ceci démontre la condition de conservation de la valeur.
Deuxièmement, il est nécessaire que ces montants ou quantités inscrits ou enregistrés soient émis en échange d’une contrepartie.
Ceci constitue la condition de contrepartie.
Troisièmement, il est requis que la valeur enregistrée puisse être utilisée pour le paiement de biens ou l’utilisation de services.
Ceci est la condition d’exercice des droits.
En général, la monnaie virtuelle utilisée dans les jeux satisfait à toutes les conditions des moyens de paiement prépayés, car sa quantité est enregistrée électroniquement, elle est émise en échange d’une somme d’argent proportionnelle à la quantité, et elle peut être utilisée pour acheter divers services ou objets dans le jeu.
Par conséquent, beaucoup de monnaies virtuelles dans les jeux sont considérées comme des moyens de paiement prépayés.
En revanche, dans le cas où des objets de jeu sont vendus directement contre de l’argent, ces objets ne sont pas considérés comme des moyens de paiement prépayés à moins qu’ils ne remplissent les trois conditions susmentionnées.
De plus, comme exception importante dans la législation, si la période d’utilisation est limitée à moins de six mois, même si les conditions sont remplies, ils sont exclus des moyens de paiement prépayés (article 4, paragraphe 1 de la loi japonaise sur le règlement des fonds (2010), article 4, paragraphe 2 du décret d’application de la même loi).
Cette disposition d’exclusion est établie pour alléger la charge réglementaire sur les moyens de paiement prépayés destinés à un usage à court terme.
Ainsi, lors de la conception des systèmes de paiement dans les jeux, il est crucial d’examiner attentivement si les fonctionnalités et mécanismes proposés sont soumis à la réglementation de la loi japonaise sur le règlement des fonds (2010) et, le cas échéant, de se conformer aux procédures légales nécessaires.
Cela permet de concilier la fourniture stable de services et la protection des utilisateurs, rendant possible la construction d’un modèle d’affaires durable.